[Critique] – Despiser


Affiche film nanar Despiser

Réalisateur : Philip J.Cook

Année de Sortie : 2003

Origine : États-Unis

Genre : Fantastique Chrétien

Durée : 1h45

Le Roy du Bis : 6/10
Thibaud Savignol : 6/10


La Patrouille des Damnés


Les fouilles dans les bacs à soldes des Cash-Express réservent parfois de belles trouvailles. Avec son monstre en image de synthèse, ses effets spéciaux digne d’une cinématique de jeu vidéo, et son intrigue pour jésuite, Despiser constituait une obole de choix pour l’Ecran Barge.

Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens

L’histoire suit la résurrection d’un artiste incompris, pour ne pas dire raté, se retrouvant sans boulot après s’être assoupit sur son clavier. Non content de perdre son travail, Hauge va également perdre sa femme, sa maison ainsi que sa santé, sombrant dans la consommation excessive d’alcool et de médicaments. Ce cocktail mortel sera le catalyseur de sa sortie de route au sens propre comme au figuré, direction le purgatoire des âmes tourmentées.

Pris à parti par un groupe de clodos cherchant à s’emparer de ses vêtements, Hauge sera entraîné malgré lui au cœur d’une lutte contre les forces du mal. Dans son périple, il sera accompagné par un ersatz mal branlé de Samuel L. Jackson ainsi qu’une équipe de bras cassés au volant de leurs bolides en 3D. Ensemble, les gais lurons devront faire face à la menace d’un diable exalté aux yeux révulsés qui aime balancer de vilaines grossièretés (« crancrelat ») en remuant les bras comme la diva du Cinquième élément.

Despiser enchaîne les séquences d’action, les morceaux de bravoure et sacrifices de ses protagonistes, avec une intrigue baignant dans la religion ainsi qu’un manichéisme primaire clairement défini par les forces du bien et du mal. Nous nous garderons bien de parler de mise en scène tant le film ne cache rien de son artificialité. Il pourrait tout aussi bien s’agir du délire d’un accidenté à demi-mort dans le talus.

Lancé en 1997, ce projet complètement fou aura mis pas moins de six ans à se concrétiser comme le révèle la chronique de Nanarland à ce sujet. Fatalement, lorsque le film sort en 2003, ces effets spéciaux paraissaient complètement obsolètes. Bien qu’il ne puisse décemment rivaliser avec la seconde trilogie Star Wars de Georges Lucas, Despiser ne ménage pas ses efforts, finissant dans un véritable déluge d’effets pyrotechnique.

Vrai plaisir coupable

Dans Despiser, les héros sont des messagers de Dieu cherchant à évangéliser ces terres de sauvageons. Leur leader aime bien balancer des versets de la Bible en dégommant des hordes de loqueteux. Son bras droit «Fume» est non seulement un aviateur Japonais, mais aussi le fils caché d’un certain Toshiro Mifune. Ce dernier serait naît d’une liaison extra-conjuguale avec une latino sur le tournage de Soleil Rouge. Fatalement, un bridé typé chicano affublé d’une veste de kamikaze arborant le drapeau du soleil levant peut difficilement convaincre, même en débitant des répliques philosophiques plus grandes que la vie ou en balançant des «Banzai» à la gueule de ses ennemis.

Peu inspiré, Philip Cook fait errer son escouade dans les limbes de ce purgatoire en combattant des terroristes pour les empêcher de détruire leur monde à coup de missiles nucléaires. Ce n’est pas l’enfer, mais c’est tout comme. Toutes les routes semblent y mener tant l’environnement y est bien plus austère et apocalyptique que le désert de Mad Max. Coincé dans cet environnement en 3D clos sur lui-même, Despiser s’apparente au délirium d’un nolife frappé d’une crise de déni existentielle. La copine, le travail et les amis sont partis. Le jeu vidéo devient alors l’ultime refuge vers lequel se tourner.

Nul doute qu’avec des moyens à la hauteur de ses ambitions, Philip Cook aurait certainement pu donner un poids plus important à ses images et compositions crépusculaires. En l’état, Despiser constitue un véritable plaisir coupable qui plaira autant aux gamers de la génération Y ayant grandi avec la Playstation 1 qu’aux nanardeurs en quête de galettes tout azimutés pour animer leurs folles soirées entre potes.

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