
Réalisateur : Stephen Sommers
Année de Sortie : 2001
Origine : États-Unis
Genre : Malédiction Égyptienne
Durée : 2h10
Le Roy du Bis : 6,5/10
La Malédiction Familiale
Après avoir ressuscité une figure éminente du fantastique à l’état de mort clinique, Stephen Sommers embaume le paysage hollywoodien d’une nouvelle apocalypse égyptienne déferlant telle une tempête de sable dans les salles. Avec sa momie revêche, son roi scorpion et ses nuées de pygmées enragés, Le Retour de la Momie avait la charge d’approfondir la mythologie de la franchise et d’enterrer pour de bon la malédiction ancestrale frappant les séquelles de grands films.
Neuf années se sont écoulées depuis les événements du premier volet. Rick et Evy ont eu le temps de fonder une famille et d’engendrer une véritable calamité sur patte ayant hérité de la maladresse de la mère et du caractère de son père. Le jeune Alex provoque bien malgré lui des séries de cataclysmes redondants. Après avoir joué au domino avec des colonnes égyptiennes, le gamin tête à claque va enfiler le bracelet d’un guerrier tyrannique. S’engage alors une terrible course contre la montre pour libérer son bras de l’emprise du bijou maléfique sous peine de finir avec un moignon. Seulement, voilà ce bon vieux Imhotep est également de retour, ressuscité par une secte d’adorateurs, et compte bien invoquer une armée afin de conquérir le monde.

Après avoir engrangé plus de 415 millions de recettes au box-office, le réalisateur disposait d’une enveloppe de 100 millions pour proposer une aventure encore plus barge que la précédente. Un oasis de CGI, la reconversion professionnelle d’une ex-star du catch et un tsunami de connerie. Voilà ce qui pourrait résumer Le Retour de la Momie. Pressé par le temps et la sortie imminente d’une féroce concurrente (Lara Croft :Tomb Raider), Stephen Sommers cède donc aux artifices du bigger and louder à travers une tempête d’effets spéciaux parfois très approximatifs (le morphing raté du roi scorpion).
Abordant son aventure avec détachement et désinvolture, le cinéaste tend à confirmer la direction sérialesque de sa franchise se déversant dans un torrent de money shots spectaculaires : la course poursuite londonienne, l’attaque du train près du temple de Karnak, la tempête de sable anthropomorphe ou bien ses nués de pygmées sévissant dans les fourrées d’une oasis mortelle. Mais ces nombreuses péripéties de voyage digne d’un roman de Jules Verne dopé au fulmicoton font également de l’ombre aux interprètes perdus au beau milieu d’un désert scénaristique qu’ils se contentent de traverser en bateau montgolfière, tout en balançant des répliques incendiaires.
Avec cette suite, Stephen Sommers creuse également le thème de la filiation à travers des couples et familles recomposées nouant des alliances de circonstances (Alex est sous la bonne garde d’Imhotep et Meela , tandis que Rick et Evy doivent faire équipe avec Izzy, Ardeth et Jonathan). Cette dynamique propre au buddy movie tourne à plein régime grâce à une mise en scène toujours aussi décomplexée et une candeur de ton reléguant l’horreur à son stade le plus nominal. Ces multiples retournements scénaristiques convergent vers un encombrement narratif libérant les hordes de chiens d’Anubis contre des guerriers bédouins en parallèle de luttes intestines au sein d’une pyramide. Mais à mesure de cette profusion d’artifices, de combats et d’effets, l’intérêt s’essouffle tel un mirage numérique. Le public en ressort complètement déboussolé avec la valise pleine de souvenirs insaisissables.



