[Critique] – The Dead Want Women


The Dead Want Women affiche film

Réalisateur : Charles Band

Année de Sortie : 2012 – 2025

Origine : États-Unis

Genre : Zombies Lubriques

Durée : 1h14

Le Roy du Bis : 5/10


Hollywood Babylone


Charles Band ne pouvait pas espérer mieux pour promouvoir son nouveau label film noir qu’une transposition monochromatique de The Dead Want Women, tant son film de zombies s’inspire d’un des plus sordides faits divers ayant frappés le gratin hollywoodien des années 20. Le long-métrage est à redécouvrir gratuitement dans une superbe version noir et blanc sur la chaîne YouTube du studio.

Les Dessous d’une Affaire Polémique

L’intrigue de The Dead Want Women prend le passage du cinéma muet au parlant pour toile de fond afin d’aborder succinctement une authentique affaire ayant défrayé la chronique de l’époque. À la suite d’une partie organisée au sein du St Francis Hotel de San Francisco, l’actrice Virginia Rappe est retrouvée morte d’une péritonite. Les accusations portent alors sur un certain Roscoe Arbuckle qui, selon le témoignage de Maude Delmont, l’aurait violée lors de cette fête privée. 

Roscoe Arbuckle se retrouve alors livré en pâture à une justice médiatique férue de polémiques et gros titres choquant l’opinion publique. Bien que l’acteur sera finalement acquitté faute de preuve, celui-ci sera le premier à figurer sur la liste noire de la MPPDA (Motion Picture Producers and Distributors of America), présidé par un certain William Hays. Cette affaire s’ajoute également au meurtre du réalisateur William Desmond Taylor d’une balle dans le dos, et conduit l’ancien Postmaster General des États-Unis a établir le célèbre code Hays dès 1930. 

En s’emparant de ces faits divers, la presse entend démystifier le strass et les paillettes vendus par l’usine à rêves, afin d’en révéler les excès décadents, quitte à verser dans le sensationnalisme pur. Naturellement, c’est aussi l’ambition de Charles Band qui, pour se donner bonne conscience, livre un véritable kaléidoscope d’images extraites de films muets  en introduction (Nosferatu, Le Fantôme de l’Opéra…)  afin de rendre hommage à tout un pan du 7ème art. Toute ressemblance avec des personnalités publiques n’est donc pas fortuite dans ce divertissement coquin et débridé, faisant de la nécrophilie son principal argument. 

The Dead Want Women critique film

Dans The Dead Want Women, Nihilist Geloe joue un alter égo de Roscoe Arbuckle lubrique et ventripotent, tandis que William Desmond Taylor trouve son équivalent dans le personnage d’Eric Burke (Robert Zachar). Ces deux hommes s’adonnent à des parties de ça va, ça vient avec un ponte de l’industrie répondant au nom de Sonny Barnes et campé par le célèbre Eric Roberts (le frère de Julia Roberts, et père d’Emma Roberts), connu pour sa nomination aux Oscars avec le film Runaway Train et ses nombreux déboires liés à la drogue. Tous répondent aux agissements de Rose Pettigrew, une matrone aux mœurs légères dont le personnage est probablement inspiré de Louise Brooks.

Orgie de Zombies

Rose Pettigrew se retrouve toutefois trahie et écartée par ses homologues masculins ne lui trouvant aucun talent pour le cinéma parlant. Cette dernière décide donc de se venger en les abattant tour à tour d’une balle, puis décide de mettre fin à ses jours tragiquement devant le reste de ses invités. L’histoire fait ensuite un bond de 80 ans pour nous introduire deux agentes affairées au nettoyage du fastueux manoir de Rose Pettigrew, qu’elles viennent d’acquérir afin de faire une plus-value immobilière. Mais les morts sont à présent de retour pour s’adonner aux plaisirs hédonistes de la luxure et surtout de la bonne chair bien tendre.

Nanti de ce sujet brûlant sur lequel il peut à loisir spéculer via des orgies décadentes et démoniaques, Charles Band semble préférer les langueurs et atermoiements inutiles d’un casting de zombies s’amusant à asticoter les visiteuses ayant commis le tort de troubler leur sommeil. Le film prend ainsi la forme d’une «prise d’otage» dont les deux agentes immobilières auront bien du mal à se défaire, malgré la passivité exacerbé de ces sinistres revenants, particulièrement réussis au demeurant grâce aux maquillages très expressifs de Tom Devlin.

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