[Critique] – 2012


2012 Affiche Film

Réalisateur : Roland Emmerich

Année de Sortie : 2009

Origine : États-Unis

Genre : Science-Fiction Catastrophe

Durée : 2h38

Le Roy du Bis : 7/10
Thibaud Savignol : 3/10


Sismic Panic


Les témoins de Jéhovah l’annonçaient depuis des années. Après le pétard mouillé du bug de l’an 2000, la prochaine échéance fatidique était pour l’année 2012, selon les obscures prédictions d’un calendrier maya. Après plusieurs catastrophes d’ampleurs sismiques (Godzilla, Le Jour d’Après, Independence Day), Roland Emmerich, le démolisseur de l’Amérique s’attelle à la destruction du monde, rien que ça. 

Le jour où la Terre s’arrêta

Un tsunami déferlant sur la Californie, des geysers de lave géants, des glissements de plaques tectoniques redéfinissant la lithosphère. Des immeubles et édifices religieux s’effondrant sur les gens, des routes se dérobant sous leurs pieds, des vagues d’ampleurs cosmiques, et raz-de-marée emportant l’ensemble de la civilisation. On nous avait prévenu, mais on n’a pas écouté !  Roland Emmerich ne se contente pas de tout détruire, mais bien de refaçonner l’intégralité de l’environnement, afin de balayer les mythes et croyances populaires. Bien sûr, cette apocalypse biblique est rendue possible grâce au progrès des effets spéciaux numériques ainsi qu’une enveloppe faramineuse de 200 millions de dollars. Toujours dans la démesure, le bougre semble avoir encore fait des progrès sur le plan technique, ouvrant des cratères béants dans lesquels il déverse quantité de money shots très spectaculaires, plaçant le public au cœur de son dispositif.

Pour autant, soyez rassurés, car Roland Emmerich possède un plan B : des arches dernier cri construites par des esclaves tibétains sous payés dans le plus grand des secrets ainsi que des vaisseaux luxueux au coût prohibitif. Pour y accéder, il vous faudra débourser pas moins d’un milliard de dollars et remplir tout une batterie de critères que l’on suppose parfaitement objectifs. Que voulez-vous c’est bien normal, les places sont limitées, surtout dans des cabines tout confort de 30m². Parce que Roland il ne veut que des gens importants avec lui, des ingénieurs, des savants, des artistes, mais surtout des riches américains, des hommes d’affaires chinois, des oligarques russes et quelques afro américains, histoire d’avoir un peu de diversité ethnique pour repeupler la Terre une fois que le déluge se sera arrêté. En revanche les musulmans ne sont pas acceptés, dress-code oblige. Quand on sait que le nouvel Éden se situe sur le continent Africain, c’est un peu le comble de l’hypocrisie.

2012 Critique Film Roland Emmerich

Heureusement cette fois il n’y a aura pas de problème de pauvreté puisque les riches pourront fonder une nouvelle société à leur image. Et avec de tels génomes, il ne fait aucun doute que l’avenir de l’humanité est entre de bonnes mains. Pour se donner bonne conscience, les ultra riches vont quand même ouvrir les portes aux derniers retardataires grâce au discours altruiste et émouvant d’un politicard. L’effort est louable surtout après avoir abandonné près de 8 milliards de personnes à leur triste sort. Que les familles se rassurent néanmoins, le mignon cavalier King Charles sera  sauvé au prix d’un sacrifice humain. La vie humaine a donc moins de valeur que celle d’un corniaud, cela aurait sûrement plu à Brigitte Bardot. 

Joyeuse fin du monde !

Inutile d’aller chercher de la profondeur dans 2012. Roland Emmerich ne fait que sonder les plus grandes peurs antédiluviennes d’un public rompu aux disasters movies depuis une décennie (Twister, Le Pic de Dante, Armageddon). Ancré dans la représentation conservatrice post-reaganienne, le réalisateur élabore un génocide très en vogue de Valeurs Actuelles permettant à ceux qui prennent leur destin en main de se sauver in extremis de la noyade et de revitaliser le noyau familial sur lequel repose le fondement des états-unis du monde. Le cinéaste s’attache donc à dresser le portrait d’un père divorcé (John Cusak) se lançant à coeur perdu dans l’opération reconquête de son ex-femme et de ses enfants, évacuant ainsi le nouveau mari, et tous les individualités menaçant ce déterminisme conjugale.

Sous la croûte de ce sympathique blockbuster noyé sous un déluge d’effets spéciaux, Roland Emmerich cherche néanmoins à se payer gentiment la pomme de ses créanciers à travers le portrait d’institutions politiques corrompues. Les lanceurs d’alerte et informateurs seront donc éliminés afin de protéger la population d’elle-même. Il faut tout de même reconnaître qu’une panique générale aurait légitimement provoquée une révolte de gilets jaunes et de sans dent dans les rues, des pillages, des viols et un carnage tout aussi destructeur. 

Mais l’entêtement du cinéaste à vouloir contrebalancer l’horreur de la situation par une dose de second degré enraye la portée critique d’un film n’ayant aucune autre ambition que de nous en mettre plein les mirettes. Finalement, à la vue de ces crétins fortunés, il y a vraiment de quoi souhaiter que la Terre se transforme en micro-ondes géant. Rassurez-vous, la plupart finiront sûrement par imploser comme le Titan dans l’océan. Quant aux autres, ils seront probablement gelés de froid par le climat d’un nouvel hiver nucléaire. So long, adieu le rêve américain !

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