[Critique] – Street Fighter : L’Ultime Combat


Street Fighter L'Ultime Combat affiche film

Réalisateur : Steven E. De Souza

Année de Sortie : 1994

Origine : États-Unis / Japon

Genre : Adaptation Cynique

Durée : 1h42

Thibaud Savignol : 3/10


Hadouken ta mère


Pour tous les trentenaires et quadras qui ont grandi une manette à la main, Street Fighter est une licence qu’on ne présente même plus. Notamment son célèbre second opus, qui révolutionna à lui tout seul le jeu de combat. Carton absolu sur borne d’arcade en 1991, il fut décliné sur Super Nintendo dès l’année suivante. Des millions de copies vendues, et une œuvre qui a traversé le temps, des tournois de Street Fighter 2 ayant encore lieu de nos jours. Mais comme toujours, les radars hollywoodiens n’ont pas oublié de s’activer, détectant une grosse manne de flouz potentielle.

For the players

Sorti dès 1994, Street Fighter : l’Ultime combat s’inscrit dans le giron des adaptations de son époque. Comme pour Super Mario Bros l’année précédente, le résultat tient davantage de la performance boulimique que d’une quelconque volonté de réaliser une œuvre concise et cohérente. Le jeu vidéo étant devenu aujourd’hui le divertissement le plus lucratif, les adaptations se veulent plus rigoureuses et sérieuses, notamment par peur d’un bad buzz mondial. Mais il en était tout autrement 30 ans plus tôt. Les films étaient avant tout destinés aux gamins, ce nouveau média n’étant vu que comme une fosse à geeks binoclards malodorants. Et plutôt que de faire du bon boulot pour les kids, on préfère leur faire les poches.

Street Fighter L'Ultime Combat Critique Film

Tromperie sur la marchandise

Adapter, rendre hommage, restituer une œuvre vidéoludique, ce n’est pas égrainer des noms à la pelle, placer deux-trois clins d’œil (le couvercle de poubelle Capcom ici) ou sortir le costume traditionnel de Chun-Li dans le seul but de durcir le membre inférieur de quelques nerds. C’est avant tout penser son scénario ou sa mise en scène dans le but de retranscrire les sensations que nous joueurs avons ressenti manette en main. Ou du moins, retranscrire un univers, un point de vue, sans dégobiller tout un lore en vue de l’enchâsser au forceps dans un récit en trois actes d’une banalité confondante.

Si on peut noter un travail plutôt soigné sur les décors colorés et variés, où des sprites 2D prennent désormais vie en trois dimensions, le long-métrage en lui-même reste raté. Bloqué entre un sérieux premier degré d’actionner et quelques saillies loufoques pour rendre hommage à l’esprit décalé de le licence, rien ne fonctionne véritablement. Malgré quelques punchlines bien senties, l’ensemble apparaît trop bavard, jamais vraiment fun, et ça a le malheur de se traîner pendant 1h40.

Le cul entre deux chaises, jamais aussi bourrin qu’il devrait l’être ou complètement débridé, le spectateur amateur de série B décomplexée restera sur sa faim. Excepté un charme nineties avec sa pyrotechnie purement pratique et parfois jouissive (l’explosion démesurée du cirque de M.Bison), ne reste qu’une coquille vide repeinte aux couleurs de Street Fighter. Même pas un nanar amusant, juste une adaptation mercantile de plus, cynique et mal branlée. Les geekos à lunettes méritent mieux.

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