[Critique] – Dracula 3000


Dracula 3000 affiche film

Réalisateur : Darrell Roodt

Année de Sortie : 2004

Origine : Allemagne / Afrique du Sud

Genre : Vampire dans l’espace

Durée : 1h26

Thibaud Savignol : 3/10


Nanar, vous avez dit nanar ?


La voilà la nouvelle mode quand on a plus d’idée, balancer son Boogeyman fétiche dans l’espace. Après le le lutin de Leprechaun 4 et Jason Voorhees dans Jason X, au tour du comte Dracula d’être téléporté en orbite. À défaut d’être véritablement sincère, l’idée est plutôt sympa. Les scénaristes transfèrent tout le vocabulaire propre à l’œuvre (Le Demeter, La Transylvanie…) dans un univers futuriste, amenant un vent de fraicheur loin du 19e siècle, de ses châteaux et donjons poussiéreux. Mais spectateurs curieux abandonnez rapidement tout espoir, car vous l’aurez deviné, Dracula 3000 est aussi nanardesque que son patronyme.

Pas de temps à perdre pour flinguer toute crédibilité, une introduction délicieusement ringarde suffit. Chaque personnage nous est présenté comme une fiche de jeu de rôle, via une image fixe et des caractéristiques distillées par une voix-off en mode lecture mécanique des pages du script. Les avatars en question feraient bander n’importe quel geekos qui a passé trop d’heures sur Baldur’s Gate et Fallout premiers du nom plutôt que de prendre une douche. Il aimerait s’identifier au guerrier musclor, mais se contentera de l’informaticien à lunettes et de fantasmer sur la bombe sexuelle écervelée (Metoo avait encore du chemin à faire).

Le long-métrage ne s’embarrasse pas avec l’originalité et reprend la trame d’Alien, le 8e passager. L’équipage intergalactique à bord du Mother III (tiens, tiens) aborde le cargo Demeter suite à un signal de détresse. Un vaisseau perdu depuis des années, où plus une seule âme n’erre à bord. Ne jouons pas de mystère, le titre indique clairement que la menace ne sera cette fois pas un xénomorphe mais bien une brochette de vampires. Malheureusement une brochette premier prix, avec trois figurants possédés et un Dracula réservé aux dix dernières minutes du film.

Dracula 3000 Critique Film

De cette co-production improbable entre l’Allemagne et l’Afrique du Sud, la légende raconte que le film aurait été tourné en trois jours seulement. Cheapos dès ses premières séquences, on devine rapidement les limites financières du projet. Le vaisseau ressemble à un vieux complexe industriel composé de 4 pièces et 2 couloirs qui tournent en boucle.

Incroyable dans ces conditions de se retrouver face à Casper Van Dien en leader alpha, Coolio en side-kick insupportable et Udo Kier en savant fou. Une fois n’est pas coutume concernant Kier, et sa prolifique carrière où se côtoient aussi bien le Z luxueux que la série B culte est là pour nous le rappeler, l’acteur se livre à un cabotinage en règle, qui a sûrement nécessité à peine 3h de tournage et quatre prises.

Mais après tout, face à tant d’éléments improbables, tout était permis pour livrer une série Bis décomplexée et foutraque. Pas de chance, à l’inverse d’un Jason X fendard et trop sous estimé, et tout aussi fauché, le premier degré pachydermique de Dracula 3000 enlève tout fun potentiel au projet.

À part les vannes vaseuses, pointe le besoin de tout sur-expliquer, chaque point du scénario, chaque action menée par les protagonistes. Invraisemblablement bavard pour rien, le montage des dialogues est une aberration filmique : aucun point de vue, aucune notion de l’espace, ça cut à tout va et change de protagoniste sans aucune raison.

Pour le reste de la mise en scène, on sombre dans les abysses du néant cinématographique. Allez, sauvons quelques effets de caméra à la Sam Raimi et quelques travellings potables, mais sinon tout va de travers. En même temps, en trois jours, seul Jésus est capable d’accomplir de tels miracles.

On savourera cependant un dernier retournement de situation gaguesque, et sacrément sexiste quand on y pense, mais surtout le plan final du film, sorte de pet foiré d’une longue diarrhée visuelle. On ne spoilera rien, comme toujours, mais la soudaineté de l’épilogue démontre bien qu’ils n’en avaient (navet, ah ah) plus grand chose à foutre.

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