[Critique] – Tourist Trap


Tourist Trap Affiche Film

Réalisateur : David Schmoeller

Année de Sortie : 1979

Origine : États-Unis

Genre : Horreur

Durée : 1h30

Le Roy du Bis : 8/10
Thibaud Savignol : 6/10


Le Cabinet des Curiosités


Les routes du Sud des Etats-Unis constituent un terreau fertile pour le cinéma de genre. Des gens disparaissent et ne sont jamais retrouvés. Ces régions reculés ne sont plus qu’habités par les oldtimers et rednecks vivotant de combines douteuses. Ce type de slasher représente ainsi une forme de revanche sociale pour cette frange de la population abandonnée par le progrès. Dans la veine de Massacre à la Tronçonneuse, Tourist Trap intrigue avec son cabinet des curiosités renfermant un piège mortel.

Une bande d’amis traverse le pays et décide d’effectuer un détour par une route désertée depuis la construction de l’autoroute, mais leur voiture tombe en panne. En parfait gentleman Woody se dévoue pour aller chercher de l’aide mais ne donnera plus aucun signe de vie. Un autochtone au caractère débonnaire va alors proposer au reste du groupe le gîte et le couvert. Mais quelque chose cloche chez ce vieil homme radotant ses anecdotes. Un sombre mystère semble également planer sur ce musée de cire que l’hôte déconseille vivement de pénétrer. Naturellement, les convives vont s’y risquer et se retrouver attaqué par une ménagerie de mannequins désarticulés. Le piège se referme alors sur les visiteuses.

Tourist Trap Critique Film

Alors que les psychos killer envahissaient les écrans pour occire une jeunesse dévoyée, ce mystérieux antagoniste aux caprices et lubies infantiles cherchait uniquement à agrandir sa collection de pantins à l’aide de ses pouvoirs télékinésiques. Les victimes habituellement châtiés pour leur dévergondage ne souffrent ici d’aucun vice de nature à justifier le sort qui leur est réservé. En revanche, leur manque absolu de personnalité en faisait les candidates idéales pour intégrer le cabinet des curiosités. Car dans Tourist Trap, il est moins question de donner la mort que de cueillir le public d’effroi. L’intérêt repose donc moins dans ses mises à mort que dans le caractère angoissant de ces étranges mannequins de cire épiant les moindres faits et gestes des protagonistes.

Le motif du masque récurrent dans le monde du slasher sert ici de leurre afin de confondre l’identité du tueur dans cette galerie inanimée. Le metteur en scène brouille activement les pistes, insinuant des mouvements furtifs dans les clairs obscures de ses ateliers saturés de statues et de silhouettes humaines. D’authentiques acteurs se fondent également dans le décor afin de tromper l’oeil avisé du spectateur et mieux l’horrifier au détour d’un rictus ou d’un cri horrifiant. La composition de Pino Donaggio participe largement à distiller le malaise ambiant autour de ce sinistre cabinet des curiosités. Tourist Trap finit par nous happer dans un dernier quart d’heure cauchemardesque laissant le public dans le même état confusionnel que sa principale interprète.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut
Optimized with PageSpeed Ninja