
Réalisateur : Matt Reeves
Année de Sortie : 2008
Origine : États-Unis
Genre : Apocalypse Urbaine
Durée : 1h30
Le Roy du Bis : 6,5/10
Thibaud Savignol : 6/10
Escape From New-York
Hollywood a baissé la barre tellement bas qu’il aurait fallu demander de l’aide à James Cameron pour pouvoir la remonter. Mais le bougre était déjà bien occupé sur le tournage d’Avatar. Alors les exécutifs ont songés à Michael Bay, mais ce dernier n’avait que des explosions à proposer. Cette mission a finalement été confiée au trio Drew Goddard, Matt Reeves et JJ Abrams. Mais le sous-marin a implosé en cours de plongée, réveillant l’immonde Cthulhu des profondeurs de R’lyeh et avec lui une nouvelle ère d’Apocalypse sur New-York, tout juste remis des chutes de météorites (Armageddon), d’une attaque de Godzilla (l’adaptation de Rolland Emmerich), d’un tsunami doublé d’une nouvelle ère glaciaire (Le Jour d’après, c’est encore lui) et même d’une invasion de visiteurs venus d’ailleurs (La Guerre des Mondes).
Les habitants ont beau être à leur énième catastrophe environnementale, ils ne savent toujours pas respecter les protocoles de sécurité. Vous aurez beau leur dire d’éviter le danger et de quitter la ville, ils ne vous écouteront pas et n’en feront qu’à leur tête. C’est donc au beau milieu de l’anarchie, de la fureur et des cris de panique généralisé qu’un groupe de survivants doit se frayer un chemin dans les décombres de la cité envahi par des monstres anthropophages.

L’intrigue futile à base de préchi précha amoureux permet de justifier les allées et venues au centre d’un champ de bataille que les militaires tenteront de maîtriser contre vents et marées. En outre, Cloverfield nous épargne toutes données superflues de l’équation, privilégiant l’action aux sempiternelles explications se bornant à l’ouverture d’une faille spatio-temporelle ou dieu sait quoi d’autre encore.
Le point de vue traditionnellement réservé aux héros s’intéresse à celui des figurants amenés à fuir plutôt qu’à affronter le danger frontalement. Ils n’ont pas d’arme pour se défendre, aucun talent de survivaliste ni même de clairvoyance. Si les films post 11 septembre se heurtent habituellement aux limites de leurs séquences de destructions massives, Cloverfield parvient à renouveler cette approche grâce à son dispositif de mise en scène. Si les prises de vues spectaculaires et immersives permettent de renforcer les sentiments de peur et de confusion, le film de Matt Reeves souffre également des tares propre au Found-Footage (saturation du son, jump-scare, glitch visuel).
Cette prise de vue captée caméra au poing, servie par de violentes secousses, des déformations de l’image et de brusques décadrages provoque donc toute une série d’effets indésirables : nausée, maux de crânes, vomissements voir même des troubles épileptiques. De plus, il vous faudra supporter la violente crise de logorrhée verbale d’un cameraman, commentant chacune de ses actions en filmant comme un pied. Un sac à vomi et une boîte de Dafalgan sont nécessaire pour pouvoir en profiter pleinement sur grand écran.



