[Critique] – Voodoo Academy


Voodoo Academy affiche film

Réalisateur : David DeCoteau

Année de Sortie : 2000

Origine : États-Unis

Genre : Pensionnat Torride

Durée : 1h32

Le Roy du Bis : 4/10


Le Fantasme Étudiant


Avant de lancer officiellement sa carrière solo, David DeCoteau réalisa son premier essai cryptogay pour le compte de Charles Band. Dans le genre mecs sexy en boxer, Voodoo Academy abonde de séquences salaces à l’érotisme sous-jacent. En raison de son caractère inclusif lorgnant du côté de la communauté LGBT, le film est resté sur les étagères de la Full Moon Features pendant plus d’un an, contraignant son producteur à sortir deux versions. 

Édité par Elephant Films, Voodoo Academy se présente au public français dans sa version longue non-censurée. À défaut d’une image terne et peu définie, le distributeur nous gratifie d’une édition steelbook avec un making-of bien soporifique en prime. L’intrigue s’intéresse au rite d’initiation d’une confrérie d’étudiants, vivant sous la croupe d’une directrice despotique et d’un ancien prêtre aux méthodes peu orthodoxes mêlant science et spiritualité. Le confessionnal dispose d’un système électromagnétique permettant d’absoudre les pêcheurs par une bonne décharge et de purifier leur âme. Mais l’un des étudiants va commencer à soupçonner ses professeurs de transformer ses partenaires en poupées vaudou. 

Voodoo Academy critique film

Comme souvent chez David DeCoteau, le film dispose d’une ambiance très soignée mêlant nuit orageuse et décors d’épouvante dignes de la gothique Hammer. Le réalisateur met ainsi l’accent sur ses longues phases atmosphériques et langueurs contemplatives. Les acteurs peuvent bien jouer comme des quilles tant que leurs corps correspondent aux canons esthétiques. Mais Voodoo Academy a surtout l’effet d’une séance de préliminaire très lente et bien trop sage en attouchements, égarant le public dans des pseudo-fantasmes homo-érotiques sans vigueur ni audace.

Quand Voodoo Academy démarre finalement, le réalisateur n’ira jamais plus loin que la position du missionnaire, sans proposer la moindre effusion de sang ou excès de folie qui auraient permis d’extirper le public de sa torpeur. Le film donne même une étrange sensation d’inconfort, comme celle de ne pas se sentir à sa place. Trompé par les arguments promotionnels de l’affiche (maison hantée + succube + rituel vaudou + zombie), le spectateur consent avoir souscrit à un divertissement médiocre, l’amenant à détourner le regard pour scruter discrètement son smartphone, tout en souhaitant que ce cauchemar se termine rapidement. Jamais nous ne verrons l’ombre d’un mort-vivant dans ce divertissement et d’une bite encore moins, si ce n’est une poignée de mecs dans leur plus simple appareil (ou presque).

David DeCoteau prend un malsain plaisir à filmer les abdos de ces jeunes éphèbes en gros plans, dans des poses exclusivement sensuelles ou bien dans des transes fiévreuses. L’anatomie masculine n’aura pour ainsi dire plus aucun secret pour vous, du moins pour tout ce qui se situe au-dessus de la ceinture. Pour davantage, il nous reste internet ainsi que notre imagination décadente. Si le long-métrage figure comme la quintessence même de son cinéma, sa mollesse paresseuse vous fera largement regretter son investissement, quand vous auriez pu simplement aller satisfaire votre curiosité sur un film de Bruce LaBruce. (L.A. Zombie). 

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