
Réalisateur : Troy Miller & Jeff Cesario
Année de Sortie : 1998
Origine : États-Unis
Genre : Bonhomme de Neige Flippant
Durée : 1h40
Le Roy du Bis : 5/10
La Dernière Chance
Et nous voilà avec le parent pauvre des calendriers de l’avent. Il en faut bien pour tous les goûts. C’est un peu comme ces boîtes de chocolats à 3 francs six sous que vous offrent votre entourage. Parfois vous tombez sur l’échantillon le moins bon de la palette qui vous laisse un arrière-goût désagréable en bouche, comme une praline trop prononcée. Eh bien ce petit écrin sirupeux qui vous colle au palais c’est Jack Frost de Troy Miller et Jeff Cesario. Vous vous attendiez probablement à une chronique du film de Michael Cooney, et bien c’est complètement raté. Hé oui, à L’Écran Barge nous sommes de vrais boute-en-train toujours là où notre audience nous attend le moins.
Le Bibendum des Neiges
Avant de devenir un abominable bonhomme de neige en images de synthèse, Jack Frost n’était donc pas un serial killer, mais bien un chanteur de groupe craignos qui tentait de vivoter de sa passion à défaut d’être suffisamment présent à la maison pour son fiston. Alors qu’il était en passe de signer un gros contrat, une sortie de route l’aura privé de son foyer et de ses rêves les plus fous. Après ça, Noël ne sera plus jamais comme avant pour Charlie, qui aura bien du mal à s’en remettre. En souvenir de son père, le petit garçon va ériger un bonhomme de neige devant sa maison. Lorsqu’il va se mettre à jouer de l’harmonica magique, Jack va néanmoins revenir à la vie sous l’apparence de ce personnage débonnaire, le temps d’un hiver fugace.
Jack Frost repose exclusivement sur cette relation filiale entre un enfant et un bonhomme de neige flippant. En interrogeant la notion de point de vue, Troy Miller et Jeff Cesario tendent néanmoins à interroger la propre crédulité du public sur la nature surréaliste de cette intrigue et des événements dépeints dans le film. Nous ne saurions dire si la réincarnation de Jack Frost est donc le fruit d’un déni, d’un imaginaire névrosée ou bien celui d’un véritable miracle de Noël, tant le film joue la carte du «y’ a que moi qui peut le voir mais pas les autres», suscitant au mieux la pitié, ou au pire l’irritabilité du public rompu à cet exercice de style. Dommage, il eut été intéressant de creuser l’état émotionnel vacillant de Charlie, plutôt que celui du fantastique.

Au lieu de reprendre sa carrière de rockstar en devenir, Jack va donc saisir cette seconde chance qui lui est offerte pour devenir un meilleur père et apprendre à son fils à ne plus être la victime de la cour de récré. Au programme des festivités : luge d’hiver, batailles de boules de neige, sulfateuse de giboulées dans le casque, j’en passe et des moins bonnes.
Le paternel ira même jusqu’à braver la fonte des glaces pour aller voir son fiston jouer un match de hockey. Un joli sacrifice à mettre à son actif. Après tout, ne lui avait-il pas promis peu de temps avant de disparaître ? Pas question néanmoins d’assumer davantage ses devoirs conjugaux, puisqu’il lui faudra dormir à la belle étoile sans quoi il foutrait de l’eau partout dans le salon. Cela va s’en dire, ce n’est certainement pas avec sa chute de carotte lui servant de nez qu’il sera capable de satisfaire madame au lit.
Viens sur la Montagne…
Jack Frost arpente donc les pistes de la traditionnelle quête initiatique, abordant l’épreuve de deuil, de la nécessité de se reconstruire, d’aller de l’avant et de ce qui importe vraiment dans la vie : la famille, le partage, et toutes ces conneries… Comble de l’ironie, le make-up du bibendum chamallow s’avère plus effrayant que le costume de bonhomme de neige conçu par Screaming Mad Georges pour le slasher de Michael Cooney (Jack Frost) sorti un an plus tôt.
Le film dispose néanmoins d’un sympathique décor de studio, et de quelques environnements montagneux et paysages cotonneux dignes d’une véritable carte de vœux. De quoi émerveiller les plus fleurs bleues d’entre vous. Plus niais que cela, on ne fait pas, sauf peut-être dans les téléfilms diffusés sur TMC les après-midi. Qui sait, Michael Keaton arrivera peut-être à vous faire fondre en larmes si vous êtes suffisamment sensible ou bien assez idiot pour rire à ses blagues au ras du caniveau.
Viens, viens sur la montagneeeuuuu… Tout près du cieeeeel j’ai ma maisooooon ! Viens, viens sur la montagneuuuuuu, Là-hauuuuuuut il fait si booooonn !



