[Critique] – Bad Santa


Bad Santa affiche film

Réalisateur : Terry Zwigoff

Année de Sortie : 2003

Origine : États-Unis / Allemagne

Genre : Père Noël Ordurier

Durée : 1h31

Le Roy du Bis : 6/10


Un éléphant, ça trompe énormément


La production des films de Noël se divise en deux catégories : les romances et comédies célébrant l’amour, le partage et la joie, et à l’inverse celles qui se vautrent dans la fange de l’irrévérence pour en pervertir l’esprit, avec humour et violence. Mais cette catégorie ne vise que les sociopathes et les cinéphiles avertis. Paradoxalement, le genre manque de comédies grasses et potaches, et pour Un Père Noël est une ordure, il faut se coltiner une myriade de contes sirupeux et de drames familiaux tout juste bons à émouvoir la ménagère devant sa vaisselle.

Et ce n’était pas Super Noël, la comédie des studios Disney qui allait se risquer à défroquer le père Noël. Il aura finalement fallu attendre que Terry Zwigoff daigne s’y coller avec cette une comédie cynique et décalée, basée sur une idée soufflée par les frères Coen (Fargo, The Big Lebowski, Barton Fink). Son précédent long-métrage (Ghost World) s’intéressait déjà à des adolescentes, s’éprenant d’un loser pathétique et attachant (Steve Buscemi). Il est également question de l’admiration d’un enfant dans Bad Santa envers un minable sac à vin, vulgaire, misanthrope et libidineux.

Willie est à l’instar de ses congénères chômeurs de longue durée, un père Noël intérimaire, plein de vices à peine cachés. Son réconfort, il ne le trouve pas dans les confidences des morveux, mais bien au fond d’un verre. Ses seules passions dans la vie se limitent à baiser des filles dans les cabines d’essayage, et à claquer toutes ses thunes dans les débits de boissons et boîtes de strip-tease.

Bad Santa critique film

En réalité, ce boulot est une couverture lui permettant d’infiltrer les centres commerciaux pour les dérober une fois la nuit tombée avec son acolyte Marcus, un nain cupide sapé comme un lutin. Mais à force d’excès de débauche et de ram-dam, l’étau va commencer à se resserrer dangereusement sur le duo de malfrats surveillé de près par un chef de la sécurité véreux, une barmaid nympho, et un morpion obèse et casse-bonbon. Avec son humour pipi-caca et ses grivoiseries, Bad Santa aimerait s’imposer comme la comédie sulfureuse et transgressive de la production Noëlique.

Mais les promesses n’engagent que ceux y croient. En effet, le film de Terry Zwigoff coche à peine les cases du politiquement incorrect avec ses jurons, ses crises de delirium et l’incontinence crasse de son père Noël soulard. Si le comique de situation et certains dialogues devraient aiguiser vos zygomatiques, la mise en scène peu fantaisiste n’aide pas le film à voler plus haut que son elfe afro. Le réalisateur livre néanmoins un portrait touchant, celui d’un jeune autiste, souffre-douleur et naïf, vivant dans une bulle de déni existentielle que Willie cherchera à corrompre tout du long.

L’intérêt du film tient en très grande partie sur cette relation filiale orchestrée entre les deux protagonistes, à la fois drôle et touchante, notamment grâce à l’interprétation de Billy Bob Thornton au naturel (avec 3 grammes dans chaque bras). Il se pourrait même que l’acteur arrive à vous tirer quelques larmes lors de ses élans mélancoliques, dépressifs et suicidaires. Bien que le film souffre d’un happy ending anecdotique et d’une traditionnelle quête de rédemption largement rebattue, il y a un petit déchirement à voir ce criminel tenter de se repentir avec une bonne action après avoir épluché tout son monde jusqu’au trognon.

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