[Critique] – Hitcher II Retour en Enfer


Hitcher II affiche film

Réalisateur : Louis Morneau

Année de Sortie : 2003

Origine : États-Unis

Genre : Serial Auto-stoppeur

Durée : 1h33

Le Roy du Bis : 4/10


Hellroad


Le scénario choisit d’exploiter frontalement le traumatisme originel. Jim Halsey, survivant du premier film, n’a jamais tourné la page. Devenu policier, il souffre de troubles post-traumatiques persistants et entreprend un voyage avec sa femme dans l’espoir d’exorciser ses démons. L’introduction va dans ce sens, suggérant un homme fragile, hanté par ses souvenirs, au bord de la rupture. Mais cette tentative de continuité psychologique ne tarde pas à basculer vers une nouvelle traque, relancée par l’apparition d’un auto-stoppeur psychotique semant fusillades et embardées meurtrières sur son passage.

Conscient du poids de l’héritage, Louis Morneau s’efforce d’instaurer une atmosphère mortifère sur ces routes désertes du sud des États-Unis, jonchées de carcasses rouillées et vidées de toute présence humaine. Le chef-opérateur George Mooradian baigne les paysages dans des filtres sépia et des contrastes monochromatiques, donnant au décor des allures de purgatoire peuplé d’âmes damnées. Visuellement, le film tente de retrouver une forme de sécheresse crépusculaire, mais l’esthétique finit par se substituer à la mise en tension réelle du récit.

Hitcher II critique film

Malgré quelques échanges armés et une confrontation spectaculaire entre un semi-remorque et un avion, l’exécution reste trop scolaire pour susciter le moindre frisson. Ce qui faisait la force du film original (sa tension sèche, son sentiment de menace permanente, sa folie rampante) se dissout ici dans une succession de scènes appliquées mais sans âme. Le suspense ne décolle jamais vraiment, et le voyage ressemble davantage à un mirage du passé qu’à une véritable virée infernale.

Hitcher II : Retour en Enfer n’est cependant pas un désastre total, mais un film condamné à rouler sur les traces de son illustre prédécesseur. Une suite qui confond hommage et répétition, et qui rappelle une vérité essentielle du road movie : ce n’est jamais la destination qui compte, mais toujours le chemin parcouru, et les détours mortels surtout…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut
Optimized with PageSpeed Ninja