
Réalisateur : Rob Spera
Année de Sortie : 2003
Origine : États-Unis
Genre : Slasher
Durée : 1h25
Le Roy du Bis : 5/10
Thibaud Savignol : 4/10
Des Boobs pour les braves
Il faut croire que son budget rachitique a permis aux producteurs de Bloody Murder premier du nom d’engranger quelques dollars. D’autres s’empressent alors de leur emboîter le pas, sollicitant à nouveau ce diable de John R. Stevenson pour écrire une séquelle à la hauteur d’un potentiel futur boogeyman en série. En effet, un petit come-back du tueur avait été glissé de manière opportune avant le générique final, justifiant tout et n’importe quoi à venir. 3 ans plus tard, il est temps de replonger dans l’horreur du camp Placide Pines.
Quand vient la fin de l’été
Cette fois, c’est la fermeture estivale du camp qui nous est contée (d’où le sous-titre Closing Camp). La pression retombe une fois les marmots fichus dehors, et les monos en herbe ont bien besoin de se détendre. On boit des bières, on roucoule en amoureux, le plus loin possible de ce con de Rick rabat-joie, qui n’a d’yeux que pour les bûches bien rangées et les chambres nettoyées au poil de cul près. Mais alors qu’une soirée autour du feu est l’occasion d’évoquer ce taré de Trevor Moorehouse, il se pourrait bien qu’il soit réellement de retour pour flanquer une déculottée à cette bande de tire-au-flanc.
Sans grande surprise, ce Meurtre Sanglant 2 (traduit en français contrairement à l’original) marche dans les pas de son prédécesseur. Combinant toujours le premier degré à la Vendredi 13 pour ses exécutions frontales et l’aspect narquois d’un Scream, le long-métrage est un whodunit pur jus quant à la l’identité réelle du tueur : quelqu’un utilise la notoriété de Moorehouse pour accomplir ses méfaits ou Trevor est-il réellement de retour ? On notera d’ailleurs l’intégration d’un nouveau venu qui explique littéralement que chaque colo de vacances possède son Trevor Moorehouse (tueur fou, forêt maudite etc…), comme simple légende urbaine qu’on se raconte le soir peu importe notre région d’origine (période méta oblige).

Malheureusement, tandis que le premier film était un ratage sur à peu près tous les points, il parvenait à transcender son script dans sa dernière partie grâce à des twists plutôt malins. Ici on sent la tentative de redite, la réussite en moins. Les soupçons se posent trop rapidement sur ce balourd de Rick, répétant le coup du moniteur en chef comme véritable tueur. Il n’en sera rien. Trop grossière pour fonctionner, la mécanique s’enraye un peu, même si les révélations surprennent encore une fois via des pas de côté en espèce de boucle se refermant sur elle-même. Du déjà-vu, mais rien de honteux.
Libéré, délivré
Mais ce qui en fait une séquelle supérieure à son modèle, c’est la volonté d’embrasser la facette la plus bis et graveleuse du slasher. Après un Bloody Murder puritain comme pas deux, le nouveau venu Rob Spera lâche enfin les chevaux. Avec son CV déjà chargé en prods horrifiques et coquines (Witchcraft, Leprechaun 5, Call Girl), le bougre ne lésine pas sur les exécutions sanglantes et la nudité frontale.
Pour ce dernier point, il fait appel à la Pin-up Tiffany Shepis et sa plastique généreuse en vue d’émoustiller les caleçons des spectateurs. Déjà apparue en monstre sanguinaire dans le soporifique Death Factory, il n’y a qu’à jeter un œil à sa page Imdb pour se rendre compte que l’actrice est une Scream Queen absolue, enchaînant depuis 30 ans les péloches à haute teneur en hémoglobine.
Sinon côté gore, on a enfin droit aux exécutions attendues. La première tape très fort, avec ce mono dont les jambes sont lentement sectionnées à la machette, une à la fois, avant de voir sa tête exploser à coup de pierre. Une entrée en matière peut-être trop puissante, jamais égalée par la suite. Mais qu’importe, la longue mise à mort dans les douches, baignée d’une couleur verdâtre et abusant d’effets stroboscopiques fait son petit effet, tout comme cette décapitation à la tronçonneuse. On peut enfin se repaître du sang de ces innocents, bien aidés par une réalisation qui fait de la légèreté des caméras numérique un nouvel atout, cumulant les décadrages brusques et mouvements rapides d’appareils.
Un opus moins bien écrit, mais d’une générosité beaucoup plus organique et hédoniste. Ne serait-ce pas là la véritable essence du slasher ?
PS : Mention aux doublages français qui trahissent à quelques occasions leur provenance québecoise, entre expressions typiques du coin (le lunch) et anglicisations outrageusement hilarantes lorsqu’il s’agit de prononcer Trevor Moorehouse.



