
Réalisateur : Jeff Burr
Année de Sortie : 1994
Origine : États-Unis
Genre : Poupées Tueuses
Durée : 1h22
Le Roy du Bis : 5/10
Hallwalkers
Puppet Master 5 marque le début de la fin de la franchise la plus lucrative de Charles Band. Tourné simultanément avec le 4ème opus, ce cinquième épisode présente donc une grande partie des mêmes acteurs, équipes, décors, accessoires et effets spéciaux, ainsi qu’une intrigue siamoise qui s’inscrit directement dans la continuité des événements du film précédent.
Le sorcier égyptien Sutekh (un squelette boursouflé tout droit échappé d’un super-sentai) s’incarne dans une créature inspirée de H.G. Giger pour éliminer Rick et ses poupées. Débute alors un jeu de cache-cache peu emballant dans les couloirs du mythique Bodega Bay Inn. Dans le même temps, un col blanc cupide et ses hommes de main tentent de récupérer les marionnettes afin de percer le secret d’André Toulon.
L’expérience de tournage fut partiellement chaotique. Pas moins de cinq scénaristes (Steven E. Carr, Todd Henschell, Keith S. Payson, Jo Duffy et Douglas Aarniokoski) se succédèrent afin d’opérer des corrections et ajustements narratifs. En réponse aux retards de paiements, une journée de travail fut intégralement perdue suite à la défection de toute l’équipe. Diane McBain fut absolument consternée par le système D, les méthodes de productions ainsi que par le déjeuner offert par le studio. À la suite de ce repas, l’actrice feint une diarrhée fulgurante afin d’échapper à ses devoirs.

Assez avare en péripéties et en fantaisie, ce Puppet Master 5 se contente donc de dérouler l’habituel programme «horrifique» en tentant de répondre aux quelques arcs narratifs abordés dans Puppet Master 4. La tension et le suspense demeurent aux abonnées absents. Tout sent le réchauffée et l’économie de moyens. Les poupées ne tuent plus (à quelques rares exceptions près…), mais se contentent de neutraliser leurs ennemis en jouant à casse-noisettes. Après son absence dans le précédent opus, Torch pointe tout de même le bout de son casque pour réchauffer l’atmosphère à la lueur de son lance-flamme.
Puppet Master 5 marque néanmoins une avancée spectaculaire dans la confection de ses marionnettes, notamment avec son Totem plus complexe et élaboré, disposant de 48 câbles permettant une plus grande flexibilité et une décomposition des mouvements et articulations. Cette poupée très convaincante nécessitait jusqu’à cinq techniciens pour être manipulée correctement. Ce progrès technologique fait également suite à l’augmentation des coûts de production et contraintes des techniques liés à l’animation en volume. Pour pallier aux séquences en stop-motion, cette séquelle utilise également de nombreux effets de plateaux et plan composites.
Si l’ennui gagne peu à peu le public à mesure de la confusion narrative ambiante et de ses nombreuses déambulations nocturnes dans les couloirs, les angles de caméra inclinés et la photographie soignée d’Adolfo Bartoli confèrent au film un aspect agréablement soigné. Le réalisateur Jeff Burr prend la peine d’installer une ambiance cauchemardesque, notamment lors d’une séquence onirique érotiquement chargée (la trépanation dans le bain). L’œuvre demeure néanmoins assez inégale malgré la musique frémissante de Richard Band et Michael Weatherwax. Puppet Master 5 clôturera provisoirement une saga que son producteur destinait à une nouvelle orientation (Puppet Wars), avant de se raviser face aux contraintes pécuniaires de l’entreprise.



