
Réalisateur : David DeCoteau
Année de Sortie : 1999
Origine : États-Unis
Genre : Malédiction Aztèque
Durée : 1h26
Le Roy du Bis : 4/10
La Contrefaçon Aztèque
Il y a des films qui arrivent comme un souffle du désert, chargés de sable, de mythes et d’un parfum d’épouvante que l’on croyait perdu aux oubliettes. La Légende de la Momie 2 fait précisément partie de cette catégorie et tente d’exploiter opportunément le filon de la Momiesploitation. Le film n’a en réalité aucun lien de parenté de près ou de loin avec l’œuvre de Bram Stoker et ne vise qu’à capitaliser sur son nom, en se plaçant comme une suite légitime au film de Jeffrey Obrow (La Légende de la Momie). Cette ruse destinée à l’exportation ne saurait toutefois mentir sur la provenance de cette momie de contrefaçon aztèque enrubannée dans ses bandelettes.
L’intrigue reprend donc le fil du mythe sans s’encombrer de complexes érudits. Une momie ressuscitée sème la panique dans une université lors d’une nuit tempétueuse. Les couloirs se vident, les morts se succèdent, et la malédiction ancestrale poursuit son chemin comme un prof d’histoire qui se serait mis en tête de corriger ses élèves pour leurs dévergondages. Le film déroule ce récit avec un sérieux quasi cérémonial qui contraste joyeusement avec les moyens déployés par la production.
Abandonnez néanmoins tout espoir de voir les 10 plaies d’Égypte s’abattre à l’écran. Dans La Légende de la Momie 2, le mysticisme oriental a surtout bon vent, mais piètre dévolution. Souscrire des malédictions n’est pas vraiment le genre de la maison. L’affiche tire évidemment plus de pouvoir d’évocation que son contenu destiné aux cinéphages et adolescents en quête de slasher bon marché. David DeCoteau se contente donc de faire du DeCoteau et de livrer un film d’épouvante où de jeunes acteurs au physique d’éphèbe déambulent dans une luxueuse villa avant de subir l’ire d’une momie.

Les éclairs simulés au stroboscope, la caméra flottante, les éclairages bleutés, les ados batifolant dans une ambiance mortifère, tout y est. Les jeux d’ombres sont parfois plus expressifs que les acteurs eux-mêmes, transformant une simple marche filmée en procession mystique low cost. Le montage, quant à lui, s’amuse à étirer les scènes jusqu’à ce qu’elles deviennent hypnotiques, sans toutefois parvenir à insuffler une réelle tension dans cette partie de cache-cache. Rien n’est vraiment effrayant mais tout s’obstine à l’être, conférant au film l’innocence caractéristique des productions Charles Band (crédité ici en tant que producteur exécutif).
Le costume de momie conçu par Christopher Bergschneider et Jeffrey S. Farley s’inscrit dans la grande tradition des monstres maquillés jusqu’au plâtre oscillant entre menace crédible et cosplay de convention horrifique un peu trop éclairé. Pourtant, le design possède cette patine artisanale et ce je-ne-sais-quoi de tactile et d’imparfait qui rappelle que les effets pratiques, même maladroits, conservent un plus grand pouvoir de fascination que les images de synthèse.
Toutefois, la créature peine à constituer un réel danger compte tenu de sa démarche arthritique, de sa lenteur d’exécution, et de ses mensurations pachydermiques. Heureusement le ridicule ne tue pas, surtout pour cet étudiant atteint de la folie des grandeurs dans son costume de prêtre aztèque en peau de léopard. À la fin, La Légende de la Momie 2 ressemble donc moins à une relique oubliée qu’à ces babioles importées que les vendeurs à la sauvette exposent à la sortie des sites touristiques, et qui finiront par prendre la poussière sur votre étagère ou dans une pile de DVD soldés.



