[Critique] – Primate


Primate affiche film

Réalisateur : Johannes Roberts

Année de Sortie : 2026

Origine : États-Unis

Genre : Singe Tueur

Durée : 1h29

Thibaud Savignol : 6/10


Ape Escape


Johannes Roberts et son scénariste ne se sont pas embarrassés de détails superflus à l’écriture de Primate. Une bande de teens américains friqués aussi génériques qu’interchangeables prennent du bon temps dans une villa luxueuse. Pas de chance pour eux, le singe Ben adopté par la famille est mordu par une mangouste enragée. À son tour porteur du virus, il ne répond plus, et décide d’occire tous ceux de son entourage.

Pas de dualité bestiale de l’Homme ici, où une étude sur sa nature sauvage enfouie, façon «elevated horror» (quel terme hideux). Si on peut y voir le retour de bâton d’une nature pas aussi docile qu’espérée, notamment via une demeure high-tech nichée au cœur de la forêt, transparaît surtout un slasher bête et méchant, dans le bon sens du terme car conçu avec talent. Le script a la bonne idée de rapidement circoncire son terrain de jeu, et de transformer Primate en un huit-clos anxiogène. Les protagonistes sont pris au piège dans la piscine, seul refuge possible, le singe étant paralysé à la vue de l’eau et ne sachant pas nager.

Primate Critique Film Johannes Roberts

Trop souvent moqué, Johannes Roberts prouve pourtant ici sa maîtrise des codes du genre. Strangers : Prey at night surpassait son modèle et Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City vaut bien mieux que les avis catastrophiques relayés en ligne par des fans ravagés du bulbe, n’ayant jamais vraiment compris le principe d’une adaptation. Le metteur en scène anglais use donc de toute l’expérience engrangée pour livrer un jeu de massacre aussi roublard qu’efficace. S’amusant à éliminer rapidement certains personnages que l’on pensait clés, il transforme chaque confrontation en un jeu du chat et de la souris épuré : chuchoter, ramper, courir, fuir.

Bien que calibrée pour les mangeurs de pop corn du samedi soir, la mise en scène regorge de petites trouvailles ici et là. Roberts joue habillement de sa caméra pour dessiner les effets de la rage sur son antagoniste poilu, ou pour illustrer l’impossible échappatoire de ses protagonistes (ce super panoramique à 360 degrés dans la piscine). Il s’illustre également lors de clins d’œil appuyés aux classiques du genre (Halloween pour la séquence du placard, Scream pour celle de la voiture), ou quand il adopte le point de vue du père sourd-muet. Déambulant au milieu du massacre, dans un silence total, seule surnage la silhouette du singe démoniaque en arrière-plan.

Et côté gore, on est servis, entre mâchoire arrachée à mains nues, visage dépecé et lacérations en gros plans. Si les effets spéciaux sont convaincants, mention surtout à la conception de Ben. Loin du tout numérique parfois trop envahissant aujourd’hui, la prestation terrifiante du primate doit beaucoup à l’interprétation de Miguel Torres Umba, engoncé dans son costume conçu par les pros de chez Millennium FX.

Primate consacre ainsi le retour des singes tueurs, longtemps après Incident de Parcours, Link ou l’oublié Shakma. Habile et concis à défaut d’être brillant, le long-métrage profite du savoir faire de son metteur en scène, de débordements sanglants jouissifs et d’une musique qui singe aussi bien Carpenter qu’Argento de la grande époque. Gloire aux eighties en somme.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut
Optimized with PageSpeed Ninja