
Réalisateur : Charles Band
Année de Sortie : 2003
Origine : États-Unis
Genre : Poupées Tueuses
Durée : 1h13
Le Roy du Bis : 2/10
Thibaud Savignol : 1/10
L’Impasse Créative
Chez Full Moon, il n’y a pas de petit profit. Considéré à juste titre comme une arnaque commerciale, Puppet Master The Legacy constitue un héritage bien mince, pour ne pas dire réduit à peau de chagrin. Avec le décès de Guy Rolfe en 2003, Charles Band se retrouve sans son principal interprète, sans magicien pour animer les poupées (David Allen est décédé en 1999), sans idées neuves, et bientôt sans marionnettes puisque celles-ci seront vendues aux enchères peu de temps après la distribution de ce nouvel opus.
Les Puppet Master représentent une franchise très étrange en termes de continuité narrative. Débutant en 1989, l’histoire d’André Toulon et de ses marionnettes animées a été revisitée à de nombreuses reprises au cours des épisodes. Tantôt ange exterminateur, philanthrope bienveillant ou bien simple vieillard rabougri adepte de la fantaisie, la représentation d’André Toulon a évolué au fur et à mesure de la décennie. Dans l’histoire d’origine, le marionnettiste se suicidait en 1939, avant d’être réanimé dans Puppet Master 2 et de jouer le rôle antagoniste.

Dans Puppet Master 3, André Toulon était bien portant, et faisait la chasse au nazi dans la ville de Berlin en 1942. Les incohérences scénaristiques sont nombreuses y compris dans la découverte de l’incantation (ou du sérum c’est selon) égyptienne permettant d’insuffler la vie à des objets inertes, ou bien de faire transiter l’âme d’une personne défunte dans une poupée. Bien que ces intrigues disposent d’embranchements différents, la finalité elle, reste toujours la même : celle de nous proposer un jeu de massacre iconisant les poupées préférées de Charles Band.
Tourné en deux jours et en comité restreint, Puppet Master The Legacy ne propose en réalité qu’une très mince poignée de nouvelles séquences. Une cambrioleuse (Kate orsini) tente de mettre la main sur le secret d’André Toulon mais en vain, et décide de prendre un vieil homme en otage (Jacob Witkin) reclus dans le sous-sol de l’hôtel Bodega Bay avec ses marionnettes. Ce personnage ressemblant à s’y méprendre à André Toulon, est en réalité l’un de ses plus fervents admirateurs. Eric Weiss fut sauvé des griffes de la gestapo à Berlin par le marionnettiste (Puppet Master 3).
L’intrigue se limite donc aux interactions des deux interprètes, dont les monologues et souvenirs sont illustrés par de très nombreux flash-backs. Nous pourrions arguer que cet opus constitue une porte d’entrée intéressante, permettant de découvrir l’ensemble de la franchise en un seul épisode emboîtant toutes ses intrigues dans un tout relativement cohérent… Toutefois, on ne peut occulter l’opportunisme d’une telle démarche visant à capitaliser à peu de frais. Cette manœuvre témoigne de l’impasse créative et financière dans laquelle s’est enlisé Charles Band durant les années 2000, la main prise dans un engrenage industriel prenant la forme d’anthologies malhonnêtes de films recyclés (Urban Evil, Possessed, Tomb of Terror).



