[Critique] – Trancers


Trancers Affiche Film

Réalisateur : Charles Band

Année de Sortie : 1984

Origine : États-Unis

Genre : Flic Du Futur

Durée : 1h16

Le Roy du Bis : 7/10
Thibaud Savignol : 6/10


Noir c’est Noir


Il n’y a plus d’espoir

Les hostilités ne vont pas mettre longtemps à démarrer pour inaugurer ce copieux bis science-fictionnel. A l’instar d’un Dirty Harry, Jack Deth est un policier davantage porté sur la gâchette de son pistolet laser que sur la diplomatie. Dès l’introduction, le personnage se retrouve à passer derrière le comptoir pour flanquer une bonne correction à une vilaine mégère tentant de l’ébouillanter et de lui planter sournoisement un couteau dans le dos. 

Une fois cette séquence euphorique digérée, il reste bien peu de choses à gratter sous le vernis de ce futur dystopique. C’est à peine si nous pouvons discerner les ruines d’un Los Angeles passéiste, immergé sous les flots par un habile trucage optique digne de La Planète des Singes. L’univers de Trancers fleure bon l’artisanat : un mélange de maquettes, de trucages optiques, de matte-painting et de SFX entre deux âges, parfaitement engoncés au milieu des années 80. 

Trancers Critique Film

Les Trancers sont indésirables à la société parce qu’ils sont dangereux et totalement dépourvus d’état d’âme. Leur mutation en zombie n’est pas très bien explicitée dans ce premier opus. En réalité, cet état de transe organique relève d’une consommation anormalement élevée de stéroïdes. Il ne faut y voir aucune autre velléité que celle d’opposer une adversité à Jack Deth, plutôt que d’afficher un discours pontifiant du type «la drogue c’est mal m’voyez». Pourtant, il semblerait que Charles Band et ses deux scénaristes aient eu la seringue un peu lourde sur l’héroïne à en croire la légèreté de ton opérée durant tout le film. 

Oui gris c’est gris

Trancers Critique film

Notre héros s’amuse tellement qu’il en oublie le plus important, c’est à dire accomplir sa mission. Et pour ce qui est de revenir à son époque, il s’y opposera avec véhémence auprès de sa hiérarchie comme un enfant que l’on priverait de son loisir préféré. Et qu’est-ce qu’on le comprend, quand on voit la morosité ambiante dans le futur. Pour l’aider dans sa quête, Jack dispose également d’une montre gadget plus efficace qu’un gilet par balle puisqu’elle permet de figer le temps afin de se sortir des plus fâcheuses postures. Évidemment ce Deus Ex Machina ne peut servir qu’une fois (ou disons deux). Une idée préfigurant d’une quinzaine d’années le bullet time de Matrix (les ralentis et hula hoop stylisés en moins évidemment).

Conscient des limites de cette entreprise, Charles Band ne cherchera jamais à se faire plus gros qu’il ne le peut. Trancers s’épanouit donc en marge des habituelles fresques science-fictionnelles, en développant son propre univers sans jamais se prendre trop au sérieux et en évitant de tomber dans le cynisme parodique. En résulte un divertissement jouant la carte décomplexée du comique de situation, induit par le décalage de voir un homme d’un autre temps débarquer à notre époque.

Helen Hunt s’en fera le garde-fou via son premier «grand» rôle dans une production. Trancers baigne également dans une sorte de naïveté confondante propre aux films de son producteur. Son cachet rétro, ses synthétiseurs et le charme délicieusement suranné qui s’en dégage auront permis d’en faire un classique des vidéos-clubs d’époque, obtenant avec le temps ses galons d’œuvre culte.

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