[Critique] – Forest Warrior


Forest Warrior affiche film

Réalisateur : Aaron Norris

Année de Sortie : 1996

Origine : États-Unis

Genre : Ermite pas net

Durée : 1h33

Le Roy du Bis : 3/10


Ressuscité !


Le Chuck n’était donc pas plus immortel que les autres, malgré sa réputation d’highlander. L’acteur a cassé sa pipe à 86 printemps bien sonnés pour aller, sans doute, botter le cul de Lucifer, Ben Laden, Hitler, Le Pen, et bientôt peut-être Donald Trump en enfer ! Il nous laisse orphelins, certes, mais aussi témoins d’une filmographie outrancière, beauf, et burnée, où les troubles géopolitiques se résolvent à coups de poignées de main viriles, de tatanes dans la gueule et de rafales de gros calibre. Dans Forest Warrior, Chuck Norris incarnait pourtant une figure christique, omnisciente et omnipotente, capable de ressusciter et même de se réincarner en ours mal léché, en aigle impérial ou en loup enragé. Une sorte de divinité sylvestre sous stéroïdes, surgie d’une spiritualité cherokee de pacotille. 

Le Vénérable Homme des Bois

Il consent néanmoins à adoucir légèrement son image de dur à cuir en jouant les mentors. D’abord dans Sidekicks, avec un sujet qui lui tient à cœur (le devoir de transmission, la résilience, le sport comme remède au harcèlement scolaire)  avant d’être promené par un chien policier plus expressif que lui dans Top Dog. Mais c’est finalement dans le monde du petit écran que l’acteur reprend des couleurs et profite de cette épiphanie tardive pour jouer les survivalistes dans un téléfilm de son frère Aaron destiné aux marmots. Mais le comédien, toujours aussi rigide sur le plan dramatique, n’inspire pas davantage pour ses talents martiaux. 

Forest Warrior critique film

Les Punaises Verte

Norris, lui, cavale dans la forêt comme le dernier des mohicans sous une partition inspirée de celle du film de Michael Mann.  Pendant ce temps, les enfants jouent les Robinsons Crusoés en toute quiétude et insouciance, fraternisent avec les petits animaux de la forêt pendant que des bûcherons con comme des bûches déforestent et débitent des rondins de bois. On s’attend à tout moment à une dérive, un accident, une morsure de serpent ou un dérapage animalier qui viendrait injecter un peu de chaos dans cette pastorale mollassonne (une gamine joue tout de même au bisou esquimau avec une vipère), mais rien ne vient jamais troubler cet ersatz mal fagoté de Davy Crockett.

Rien ne peut arriver aux bambins dans le monde enchanté du vieux Chuck. C’est un pays joyeux où les enfants heureux se font sauter le caisson à grand coup de TNT ! Mais ce n’est pas drôle ni subversif pour un clou et les chenapans n’ont pas l’ombre du charisme de Macaulay Culkin (Maman j’ai raté l’avion). Le film ressemble donc rapidement à une orgie de marrons et de châtaignes carabinées digne des western parodiques de Bud Spencer et Terence Hill sans l’outrecuidance ni le timing comique. Les acteurs et figurants s’agitent mollement à l’arrière plan, dansent sur de la musique country, miment des riffs à la tronçonneuse et opposent une adversité farouche au vieux Chuck qui n’a pas besoin de forcer son talent pour en venir à bout par paquet de douze, dans des chorégraphies sommes toutes très conventionnelles.

La guerre écologique se mène donc dans un esprit bon enfant, sans réel danger ni tension dramatique. Le film reste coincé dans les limites rassurantes d’un programme télé familial, soucieux d’inculquer des bonnes valeurs plutôt que de raconter une véritable histoire. L’intrigue évoque vaguement La Vallée des Géants, mais sans conflit, sans tragédie, et surtout sans la puissance d’un Kirk Douglas pour faire vibrer l’aubier des séquoias millénaires. Chuck Norris, lui, a depuis rejoint le panthéon des légendes. Il restera à jamais associé à ces dimanches après-midi passés à digérer le poulet-frites de mamie, avachis sur le canapé devant Walker, Texas Ranger. Ciao l’artiste ! 

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