[Critique] – Hoop Basket


Hoop Basket affiche film

Réalisateur : Chris Rogers

Année de Sortie : 2001

Origine : États-Unis

Genre : Cageball

Durée : 1H39

Le Roy du Bis : 4/10


Les Blancs ne savent pas Cogner


Au rayon des affiches racoleuses, Hoop Basket est particulièrement bandant. Entre ses gueules tuméfiées, ses armoires à glace et ses matchs de basket en cage où tous les coups sont permis, le film vend un fantasme d’exploitation urbaine bien crasseux. Les slogans cognent aussi fort que les joueurs : « Le plus extrême des sport de rue », « quand le basket devient combat ». Difficile de résister à un programme pareil. Le plus amusant, c’est que malgré son emballage de guerre raciale, le film évite finalement la discrimination systémique pour préférer une brutalité généralisée. Blacks, blancs, beurs, tout le monde finit avec la tronche en steak haché et les côtes en vrac.

Dans l’arène grillagée, les joueurs ressemblent moins à des basketteurs qu’à des gladiateurs de parking élevés au rap contender et aux protéines frelatées. Portés par un DJ qui chauffe la foule à blanc comme dans un combat de free fight clandestin, les Hoop Soldiers affrontent leurs rivaux des Diablos dans des matchs qui tiennent autant du streetball que du règlement de comptes entre mafieux. Le film plonge alors dans les paris illégaux, et les magouilles de gangs avec la finesse d’un dramaturge de comptoir.

Quand ça distribue les gnons, le spectacle tient presque toutes ses promesses : les corps s’encastrent dans les grilles, les joueurs se satellisent à coups d’épaules, se noircissent la gueule de cocards et d’ecchymoses et le basket devient un véritable pugilat sous testostérone. Malheureusement, le film reste trop tendre sur les effets gores et sanguinolents. Le problème, c’est que Hoop Basket semble presque honteux de son propre concept débile.

Hoop Basket critique film

Au lieu d’assumer jusqu’au bout son délire de sport ultra violent, le film s’enlise dans un pseudo drame mollasson dans lequel une femme tente d’infiltrer le milieu du crime organisé pour faire tomber les organisateurs après la mort de son frère. Dommage, car lorsqu’il arrête de jouer au thriller social pour redevenir un pur défouloir de bourrins, le film retrouve immédiatement son pouvoir de fascination. Là, dans cette bouillie de sueur, de rap et de phalanges explosées, Hoop Basket devient enfin ce que son affiche promettait depuis le début : un nanar sportif aussi stupide que brutal.

Là où Les Blancs ne savent pas sauter jouait encore le basket comme un terrain de frictions sociales, de rivalités culturelles et de vannes raciales balancées en toute légèreté, Hoop Basket ne s’embarrasse même plus de ce semblant de malice. Chez Ron Shelton, les insultes raciales servaient surtout à chambrer l’ego masculin et à opposer deux visions du rêve américain : le beau parleur blanc fauché contre le roi du playground persuadé d’être le big boss du quartier. Chris Rogers, lui, prend cette tension ethnique, la gave aux stéroïdes et l’enferme dans une cage grillagée jusqu’à ce qu’elle vomisse ses dents sur le bitume.

Mais le plus drôle reste la morale respective des deux films. Les Blancs ne savent pas sauter finissait encore par croire à une forme de fraternité bancale entre losers magnifiques. Hoop Basket n’a foi qu’en la loi du plus baraqué. Ici, pas de romantisme urbain ni de poésie sportive. Les rapports humains se règlent dans l’arène à coups de mandales dans les gencives. Comme si le cinéma sportif des années 90 avait muté en fantasme carcéral ghettoïsé. 

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