
Réalisateur : Michael A. Simpson
Année de Sortie : 1989
Origine : États-Unis
Genre : Slasher Total (Bis)
Durée : 1h20
Thibaud Savignol : 5/10
Angel-A
À peine sortie d’un tournage de plusieurs semaines, et après seulement trois jours d’arrêt, l’équipe repart pour celui de Massacre au camp d’été 3. Un million de dollars de budget, deux films tournés coup sur coup, le risque est faible. Le slasher a beau être rincé en cette fin des années 80, il y a encore quelques billets à se faire. Mais ce troisième volet n’en a plus rien à faire de grande chose, et peut-être aussi que les techniciens sont usés par deux tournages d’affilés. La saga apparaît déjà exsangue, mais livre un dernier (pour le moment) volet, qui saura satisfaire nos plus bas instincts.
D’entrée de jeu le ton est donné, et après un second opus aux incohérences béantes, l’introduction poursuit ce virage grotesque. Une ado se dirige vers un point de rendez-vous pour prendre le bus direction la colo. Mais v’la pas que surgit un camion benne lancé à toute berzingue à sa poursuite. Coincée dans une impasse, la jeune fille finira culbutée de plein fouet par l’engin de mort. C’est le moyen discret qu’à trouvé Angela pour usurper l’identité d’une campeuse et se rendre ainsi incognito au camp Rolling Hill.
Une fois arrivée, elle se retrouve au cœur d’une expérimentation sociale. Les nouveaux propriétaires du camp tentent un mixage des couches sociales, afin de partager amour et eau fraîche sans distinction aucune. Loin d’un discours engagé, c’est surtout l’occasion de s’amuser des clichés façon péloche d’exploitation : le renoi vénère de Détroit, le latino gangsta de L.A et le blanc-bec dépravé de l’Oklahoma.

Plusieurs groupes sont envoyés dans les bois afin d’encourager le dialogue entre les différentes classes. Cependant, Angela vole définitivement la vedette à tout le monde. Intégrée comme campeuse, elle va décimer son groupe avant de s’en prendre à tous les autres, uns par uns. Loin de l’esprit teen movie qui animait le slasher durant son âge d’or, chaque protagoniste est désormais défini par un trait de caractère rapidement établi. Priorité au carnage.
Tourné au même endroit, le film se déroule essentiellement en forêt, laissant le camp de côté. Pas de bordel dans le dortoir, de jeux en plein air ou de réfectoire rempli de mômes criards. Juste des bois. Le concept s’essouffle, poussant toujours plus loin les caricatures, les facilités du script et le grand n’importe quoi. À ce niveau-là, on tiendrait presque un slasher abstrait, animé par la seule volonté de répéter les codes jusqu’à l’usure et dénué de toute intention narrative.
Et c’est bien là qu’il est le plus efficace. Massacre au camp d’été 3 met en scène une logique de prédation imparable, enchaînant les meurtres à vitesse grand V. Les scénaristes ne manquaient clairement pas d’inventivité. Entre le campeur à la face explosée par un pétard, la directrice décapitée à la tondeuse ou l’empoisonnement à la mort aux rats, l’éventail est large. Petite mention à Bobby, ficelé à un arabe, qui verra ses bras attachés puis arrachés par une Jeep démarrant au quart de tour.
Mais l’ensemble apparaît bien moins sanglant, avec des coupes un peu frustrantes lors de certaines exécutions. En partie la faute aux décisions de la MPAA mais peut-être aussi à un manque de temps sur le sprint final.
L’expérience n’en reste pas moins fun, pour qui cherche un plaisir immédiat, sans réflexion, où les cadavres succèdent aux (grosses) paires de seins. Certes, ce troisième volet est un chouia moins généreux que son prédécesseur ; 16 morts au total contre 18. Mais bon, 34 exécutions en deux films, on ne fera pas la fine bouche. Et Angela, campée (ah ah) par une Pamela Springsteen toujours aussi investie, mérite d’entrer au panthéon des boogey(wo)men du slasher sans plus attendre.



