[Critique] – The Arrival


The Arrival affiche film

Réalisateur : David Twohy

Année de Sortie : 1997

Origine : États-Unis / Mexique

Genre : Complotiste Misanthrope

Durée : 1h55

Le Roy du Bis : 6.5/10


Le Grand Remplacement


Rappelez-vous quand le gouvernement nous exhortait à passer à l’électrique, à chauffer à 19°, et à réduire notre empreinte carbone… Mais on n’a pas écouté. Si cela peut néanmoins vous rassurer, ces constats alarmistes étaient déjà d’actualité dans les années 90, y compris au cinéma. À l’époque, on pouvait voir de verts pâturages pousser sur le continent nord-arctique comme une oasis en plein désert. 

The Arrival est un de ces thrillers paranos tombés dans l’oubli avec mon oncle Charlie (Charlie Sheen), ayant servi de source d’inspiration à un certain Half-Life : Un scientifique peu loquace affublé d’un bouc, d’une paire de lunette et d’un treillis orange sur le dos, pénètre une base top secrète et se retrouve bientôt témoin d’une invasion extra-planétaire de grande ampleur. L’intrigue s’inscrit dans la veine tradition de L’Invasion des Profanateurs de Sépulture et de ses succédanés reposant sur la théorie du grand remplacement. Mais David Twohy tente ici de l’aborder sous un angle nouveau en l’ancrant dans les préoccupations écologiques de son temps. 

Les aliens ne cherchent donc pas à nous anéantir à coup de pistolet laser mais bien à bousiller l’atmosphère à coups de gaz à effet de serre. Du moins, c’est la vérité que tente de démontrer le radioastronome Zaminsky après avoir intercepté un signal venu d’ailleurs, avant de perdre son boulot parce qu’il en savait manifestement un peu trop. Faute d’une pancarte « Ils sont parmi nous », le scientifique va donc mener sa propre enquête et mettre au jour une vaste conspiration menée par des petits hommes verts infiltrés au sommet de l’appareil scientifique et industriel. Une lutte s’engage alors entre lui et son ancien patron, bien décidés à lui sonder l’arrière train et à l’empêcher de révéler la vérité au monde entier. 

The Arrival critique film

Mais The Arrival peut aussi se lire à rebours. Et si tout cela n’était que le délirium d’un misanthrope paranoïaque complotiste et xénophobe (les Mexicains y sont presque tous assimilés à des aliens belliqueux), recherché pour le meurtre d’une météorologue et obsédé par son ancien employeur au point d’en voir le visage partout ? Comme tout bon film de complot qui se respecte, Zaminsky est d’abord discrédité, puis traité d’aliéné, avant d’être traqué par des tueurs à gages chargés de faire disparaître les preuves et de lui faire porter le chapeau. La mécanique est huilée, efficace, et assume pleinement ses codes. 

Si l’intrigue s’apparente à un long épisode de X-Files, elle regorge néanmoins de péripéties, de rebondissements et de suspense pour maintenir le public en haleine notamment grâce à l’implication de son principal interprète. Charlie Sheen, livre en effet l’une de ses meilleures prestations, avant que sa carrière ne prenne des chemins disons plus… cosmiques. Les effets spéciaux résistent également plutôt bien à l’épreuve du temps, tant dans la caractérisation de ses OVNIs kangourou que ses environnements (l’usine névralgique des envahisseurs), et séquences d’action nerveuses ponctuant le récit : la spectaculaire destruction d’une antenne parabolique aspirée par une sphère pandémoniaque digne d’un aspirateur Dyson. 

Malheureusement, The Arrival fera un four au box-office américain, ne rapportant même pas sa mise de départ (14 millions de dollars de recette pour un budget de 25 millions), écrasé par la campagne marketing titanesque d’Independence Day, qui occultera sa sortie. Ironie du sort, le film connaîtra une meilleure fortune outre-Atlantique grâce à son report calendaire. Mais c’est surtout à la télévision qu’il connaîtra son épiphanie, au fil de multiples rediffusions, notamment sur RTL9, un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître.

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