[Critique] – Satan Claus


Satan Claus affiche film

Réalisateur : Massimiliano Cerchi

Année de Sortie : 1996

Origine : États-Unis

Genre : Père Noël Tueur

Durée : 1h01

Le Roy du Bis : 4/10


Treevenge


Les abimes du slasher

Satan Claus est un film qui nous provient de la hotte de Tetro Underground, un label de films indépendants. Ce sombre slasher est si obscur qu’il faudrait un projecteur de plusieurs milliers de lumens pour y voir davantage, en raison d’un tirage ayant subi de sévères dommages pendant son développement. Cela n’a pas empêchait l’œuvre de Massimiliano Cerchi d’être exploitée outrageusement aux États-Unis avec une sortie VHS dès 1996.

La veille de Noël, un tueur en série vêtu d’un costume de Père Noël rôde dans les rues de New York. Un jeune acteur bénévole va alors tenter de l’arrêter avec l’aide de ses amis ainsi que d’une médium. Naturellement, il s’agit d’un slasher prototypique reléguant l’enquête policière à une série d’interrogatoires absurdes et dérisoires, tournants autour de la description de l’assassin (blanc, barbu, bedonnant avec un costume de Père Noël quoi !), ainsi qu’à une série d’échanges téléphoniques ne leur permettant jamais de retracer l’origine de l’appel. Malin, mais que fait la police ? Pas grand-chose. Pas plus que le tueur d’ailleurs, ne rencontrant aucune forme de résistance ou de gyrophare sur sa route. Le Père Noël est introduit comme un véritable salaud sadique et démoniaque prenant son pied à semer la mort avec brutalité.

Sur le plan scénaristique, l’intrigue est aussi droite qu’un coup de hache dans le visage. Au moins, le réalisateur nous épargne les sempiternels traumas de jeunesse, éludant les flash-back inutiles. La seule chose chose daignant intéresser Massimiliano Cerchi, semble d’orchestrer de «violentes» mises à mort avec un Père Noël cabotinant sous des airs de Jingle Bells, affublé d’une hotte remplie de morceaux de corps. Quelles sont les motivations de cet énième forcené aux éclats de rires sardoniques ? Décorer un sapin de Noël avec les membres de ses victimes, pardi ! Cette quête délirante manquant manifestement de subtilité sert en réalité un mobile diabolique. Satan Claus finit alors par délivrer son twist scénaristique sur la base d’une grotesque histoire de vengeance tellement risible et grossière que nous omettrons de vous la divulguer.

Satan Claus Critique Film

New-York débarrassée de la racaille

Bien qu’il paraisse plus daté qu’il ne l’est, Satan Claus se déroule dans les années 90 sous l’ère Giuliani. New-York était alors en pleine période de réhabilitation, les quartiers autrefois ghettoïsés s’embourgeoisaient d’artistes bohèmes et de hipsters. Les trous à rats étaient démolis, et les indésirables parqués dans les coins les moins en vue de la cité. Les cambrioleurs, proxénètes, SDF, junkies et autres indésirables issus de la lie de l’humanité semblaient déjà appartenir au passé.

À défaut de pouvoir restaurer l’ambiance des peep-show, hôtels de passes et vieux cinéma porno de la 42ème rue traversée de néons, le terrain de chasse se limitera à une pitoyable banlieue résidentielle mal éclairée et déserte. Pratique lorsque l’on réalise un film clandestinement. La photographie sous-exposée et nimbée de projecteurs de couleur rouge et bleu permet néanmoins d’apporter quelques contrastes argentées à cette ambiance nocturne et interlope.

Les autochtones locaux seront (trop) peu nombreux, se limitant à à une mégère offusquée, un ivrogne sans abri, une petite frappe, et à une poignée de rednecks consanguins et pouilleux. Pas tellement l’idée qu’on se fait de la Grande Pomme mais qu’importe, tant cette mécanique de prédation s’avère aussi tiède et piteuse qu’une soupe à l’oignon, et ce malgré un plan gratuit sur une opulente paire de nichons. S’il nous était néanmoins permis de vous offrir un dernier avis concernant Satan Claus, nous ne saurions que vous recommander de le recycler dans un coffre bien poussiéreux, aux côtés d’autres films complètement déglingués comme Silent Night Deadly Night 2.

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