
Réalisateur : Kristine Peterson
Année de Sortie : 1995
Origine : États-Unis
Genre : La Bagarre
Durée : 1h24
Le Roy du Bis : 6/10
La Mygale des bacs à soldes
Après la Thaïlande, les États-Unis, le Brésil et le Mexique, la franchise Kickboxer se délocalise en Afrique du Sud. Sasha Mitchell démissionnaire, la mort de David Sloan est donc actée et c’est au tour de Mark Dacascos de reprendre le relais pour le venger et infliger des raclées carabinées.
La NEGAAL fédération ; et non Mygale comme l’indique la jaquette DVD de l’éditeur qui n’a visiblement pas cru bon regarder le film avant de pondre le résumé (!) ; souhaite recruter les meilleurs combattants de par le monde afin de les faire s’affronter lors d’un Kumite. La seule règle, c’est qu’il n’y en a aucune. Et puisque la plupart refusent tout bonnement d’accepter ces conditions, le syndicat va leur forcer la main en les destituant de leurs titres ou bien en les éliminant un par un. Mais quand les agents vont casser les reins de son meilleur ami, Matt Reeves va prendre un aller simple pour Johannesburg afin de leur inculquer une leçon de respect.
Au programme des réjouissances : savates dans les abdos, coups de pompe aérien, civet de bras cassé, gros musclor immolé par le feu, catapultage de machette, chasse à l’homme au cœur de la savane, vendeuse collabo, jeux d’argent ainsi qu’un peu de tourisme dans les rues de la capitale, histoire de garder des souvenirs un peu moins douloureux que des bleus sur tout le corps. Kickboxer 5 fait repartir la franchise du bon pied grâce à une série de scènes particulièrement cocasses telle que cette course poursuite haletante dans un aéroport entre un gangster infirme et un ex taulard balançant des valises sur ses assaillants.

À titre d’exemple, un combattant empalé sur le toit d’une limousine sera balancé aux ordures pour avoir bugné la carrosserie de son conducteur. La vie n’a que peu de valeur au sein de l’organisation NEGAAL. Le patron despotique et cruel collectionne les ceintures de champions comme des trophées de chasse quand il ne tire pas sur des espèces protégées du haut de sa tour d’ivoire. Plus expressif que l’affreux Tong Po, James Ryan interprète un méchant col blanc, un vrai qui n’a pas peur de donner des claques et de briser les trachées de ses subordonnés.
Kristine Peterson persiste et signe dans le manichéisme propre à la franchise. Ces excentricités un brin too much font de cette cinquième itération un sacré nanar de compétition encore plus survolté que ses prédécesseurs. C’est bien simple, on ne s’ennuie jamais devant Kickboxer 5 face à l’enchaînement frénétique de ses gags et séquences d’action. Si cette séquelle ne fait pas le poids sur le plan purement technique, celle-ci dispose des combats les mieux chorégraphiés de la saga grâce au talent de son principal interprète.
Mark Dacascos était un véritable artiste martial maîtrisant pas moins de huit techniques de combats différents, dont le Wun Hop Kuen Do qui fut fondé par son père Al Dacascos. Plus fort que Dark Maul avec une barre à mine, et plus foudroyant que Beatrixx Kido avec la technique des cinq points de la paume qui font exploser le cœur, le comédien possédait néanmoins son talon d’Achille.
Remarqué pour ses prestations mutiques voir melviliennes sous l’objectif de Christophe Gans (Crying Freeman, Le Pacte des Loups), l’acteur hawaïen était déjà moins convaincant dans la dramaturgie faute de posséder les mimiques et l’expressivité d’un certain JCVD. Ses choix de carrières semblaient déjà le prédestiner au monde du DTV comme l’ensemble de ses contemporains (Joe Lara, Lorenzo Lamas, Gary Daniels…). Après une décennie plutôt prolifique puis un passage à vide dans les 2000-2010, le comédien finira néanmoins par retrouver des couleurs sous les coups de butoir d’un certain Keenu Reeves (John Wick Parabellum), en même temps que l’industrie de l’actionner movie.



