[Critique] – Prehysteria! 2


Prehysteria 2 affiche film

Réalisateur : Albert Band

Année de Sortie : 1995

Origine : États-Unis

Genre : Dinosaures Facétieux

Durée : 1h22

Le Roy du Bis : 6/10


Vol au dessus d’un nid de Bourges


Prehysteria! 2, ce n’est pas le Monde Perdu mais plutôt celui de la jet society. Paradoxalement, cette séquelle se vautrant dans l’opulence et le confort des nantis affiche tout de la politique d’austérité du studio. Les techniques de marionnettistes de Mark Rappaport ayant fait leurs preuves, Charles Band persiste et signe afin d’éviter le recours trop onéreux à la stop-motion. Ainsi, pour économiser sur les frais de production, le ptéranodon se casse une aile dès sa première apparition. Pratique, le tour d’illusion est joué et le public n’y verra que des raisins secs.

Prehysteria 2 critique film

Un morveux à qui tout est permis tente de combler l’absentéisme de son père. Malgré une gigantesque salle de jeux à disposition, ce châtelain pourri gâté joue les terreurs avec le personnel domestique, martyrisant le jardinier au jet d’eau, étourdissant le cuisinier avec sa sono, quant il ne vole pas dans les plumes d’une gouvernante psycho-rigide. Alors que Brendan se retrouve chahuté par des brutes sur une voie ferrée, le garçon trouve finalement refuge dans un wagon avec Naomi, la fille d’un cheminot. Les agresseurs sont alors pris pour cible par les cinq petits dinosaures, volant à la rescousse de leur nouveaux compagnons, puis adoptés par Brendan. Reste à convaincre la maîtresse de maison allergique aux animaux de compagnie…

Après un ersatz pataud de Maman j’ai raté l’avion réalisé par Ted Nicolaou (Remote), voilà que Charles Band remet le couvert avec un mauvais garnement semant des chausses trappes dans une luxueuse villa. Au programme, partie de cache-cache, travestissement, farces et attrapes en tout genre sous les yeux d’une gouvernante frigide et d’un duo de dératiseurs ne sachant plus sur quel pied danser. Kevin Connors, tout de cuir vêtu, constitue le mini Terminator de ce clapier, prêt à tout pour pourrir la vie des employés afin de combler sa propre vacuité et la nôtre par la même occasion.

Albert Band livre néanmoins un effort fastidieux, à la mise en scène davantage télévisuelle. Soucieux de la réussite de cette entreprise qui sera sa dernière, le réalisateur fait de son mieux avec le peu que lui accorde son fils tirant sans cesse sur la corde. Les marionnettistes en font autant, tirant sur les câbles de ces dinosaures à la gestuelle quelque peu grippée. Cette suite regorge toujours autant de moments cringes et kawai (le tyrannosaure se jetant sur un gâteau à la crème, le brachiosaure est toujours aussi câlin) pour le plus grand plaisir d’un public juvénile issu des milieux WASP. Les parents pauvres devraient se retrouver dans le portrait pathétique de cette domestique sans cheveux, bousculée, rabaissée et désavouée par un môme haut comme trois pommes.

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