[Critique] – Madman


Madman affiche film

Réalisateur : Joe Giannone

Année de Sortie : 1981

Origine : États-Unis

Genre : Slasher

Durée : 1h28

Le Roy du Bis : 6/10
Thibaud Savignol : 6/10


Le sadique à la hache


À partir des années 70, dans les camps d’été environnants de New-York, se contait la terrible histoire d’un tueur nommé Cropsey. Disséquée depuis, il ne s’agirait que d’une légende urbaine comme il en existe tant, témoignage du folklore local. Le documentaire Cropsey sorti en 2009 rapprocherait cette légende du criminel Andre Rand, ayant sévi à New-York de 1969 à 1988. Mais à l’époque pas de lien établi entre les deux, et la légende grandit chaque nouvelle saison, pour terrifier et unir les nouveaux campeurs adolescents.

Urban Legend

Ce fermier a massacré sa famille avant d’être rattrapé par une foule en colère. Il est pendu et défiguré à coups de hache. Mais au petit matin, le corps a disparu, et hanterait depuis ces bois à la recherche de chair fraîche. C’est autour d’un feu de camp funèbre que nous est contée cette histoire, lors de la dernière soirée d’un camp de vacances hivernal. Bien avant Candyman, il est précisé qu’il ne faut pas invoquer le nom de ce meurtrier sanguinaire, auquel cas il viendrait s’occuper de nous. Évidemment, un jeune écervelé va l’invoquer à plein poumon, délivrant le Boogeyman bourru et sanguinaire promis par la jaquette.

Madman Critique film

Cette introduction, figure intemporelle des soirées en colonies (les marshmallow en moins), évoque la traditionnelle transmission orale, où les contes et légendes survivaient au fil des générations. Ici un vieux directeur terrorise la nouvelle génération, adaptant sûrement son récit aux affres de son époque. Et pour les trentenaires, on pensera au début de chaque épisode de la série culte Fais-moi peur !, où une bande d’ados se réunissait également autour d’un petit feu de camp afin d’essayer de terrifier son prochain. Une formule aujourd’hui remplacée par les Creepypastas et autres Back-rooms, symboles d’une terreur 3.0.

La maison au fond du parc

À peine les protagonistes et le récit introduits que le long-métrage libère son antagoniste pour s’attaquer à l’équipe d’éducateurs. Point noir de nombreux slasher, le rythme est ici correctement géré, ne s’attardant pas plus que de raison sur des relations artificielles. La menace est omniprésente, prête à déchaîner l’horreur dans cette partie de la forêt. De plus, chose rare qui le distingue du tout venant, Madman se déroule en quasi temps réel. Dernier jour des vacances, pas d’activités qui reprennent quotidiennement ou de meurtre ayant eu lieu en amont de la chronologie. Une fois l’entité maléfique évoquée, les heures suivantes seront fatales pour l’ensemble du groupe.

Laissant de côté l’aspect whodunit du genre, le film s’inscrit dans la droite lignée d’Halloween, tentant de créer un Boogeyman cruel et iconique. Madman Marz n’est pas avare d’efforts pour se démarquer dans la mêlée : il court, contrairement à la majorité de ses pairs, il beugle tel un animal féroce et manie la hache avec une sacrée dextérité. Si le sang rappelle ici le rouge peinture des gialli des années 70, les meurtres n’en reste pas moins assez brutaux pour leur époque, avec un faible pour les décapitations et giclées d’hémoglobine.

Une œuvre qui essuya la foudre des critiques, comme tout bon slasher low-cost de l’époque, mais se transforma progressivement en sleeper hit (œuvre de faible ambition qui devient progressivement un gros succès) grâce aux drive-in américains. La présence de Gaylen Ross, star du Zombie de Romero, et un intense bouche-à-oreille auront raison de la presse. Aujourd’hui culte, et même ressorti en 4K chez Vinegar Syndrome, Madman est une proposition sans prétention mais d’une efficacité redoutable, qui devrait plaire à tout amateur de slasher de la grande époque.

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