[Critique] – Hobo With a Shotgun


Hobo with a Shotgun affiche film

Réalisateur : Jason Eisener

Année de Sortie : 2011

Origine : Canada

Genre : Street Trash 2

Durée : 1h26

Le Roy du Bis : 7/10
Thibaud Savignol : 6/10


Dirty Hauer


Rampage

Un sans-abri débarque dans une ville sans foi ni loi régie par un despote et ses fils dégénérés mentaux. Dans ce ghetto digne de Tromaville, les dealers côtoient les camés à chaque coin de rue, le Père Noël de la localité est un pédophile kidnappant des enfants, les proxénètes agissent impunément sous la protection d’une police corrompue et le maire est une ordure avérée. Les indésirables sont décapités en place public tandis que les pétasses de service se déhanchent sous des geysers de sang. C’est le feu et l’anarchie, et les opportunités de faire de l’argent sale sont légions : il suffit de se faire casser les dents ou bien de manger du verre pilé sous les yeux d’un cameraman sadique. Ainsi, le clochard qui espérait lancer une activité de paysagiste devra se lancer à contre volonté dans la dératisation en menant la révolution avec du plomb. Rien de tel qu’un clodo pour faire le ménage.

Non content de ressusciter un acteur de légende, le film de Jason Eisener va loin, très loin dans le politiquement incorrect pour racoler tous les bisseux de la banlieue. Dans Hobo With a Shotgun, on torture des prostituées, on éclate des têtes à coup d’auto-tamponneuses, et on brûle des écoliers. La chienlit a envahi tout le quartier et ne pourra s’éradiquer que par le feu nourri d’un fusil acheté chez le quincaillier pour cinquante malheureux dollars. Hopetown est bien le théâtre de la misère et de la cruauté humaine. La ville méritait donc un héros de la trempe de Rutger Hauer pour défendre les habitants et délivrer l’ordre et la morale à coup de chevrotine et de tondeuse à lame.

Face à l’oppression des maudits rejetons du maire, le SDF va rapidement faire la une des journaux avant de lutter aux côtés d’une prostituée pour contrecarrer les plans de deux chevaliers au service de la dépravation et du mal. Politiquement incorrect, Hobo with a Shotgun ne fait pas dans la demi-mesure. Toujours à cheval entre premier et second degrés, le film aborde des sujets graves et tabou sans aucun complexe dans la tradition des films grindhouse (esclavagisme sexuel, viols de femmes et d’enfants, torture et meurtres). L’accumulation de tripes, de démembrements et de sang finira néanmoins par donner la nausée aux plus hardcore des amateurs de divertissement dépravés. C’est même à se demander si le réalisateur avait déjà entendu parler de la notion de crime contre l’humanité. Inutile pour autant de s’offusquer tant le film donne dans la surenchère de gags immodérés.

Hobo with a Shotgun Critique Film Rutger Hauer

It Came Back from the 80’s

Et comme il ne suffit pas d’employer des filtres pour salir une image produite avec des moyens hollywoodien, Hobo with a Shotgun emploi son média comme il le faudrait dans pareil cas à la différence notable de Machete. L’image est saturée, les couleurs très contrastées et les éclairages aux néons renforcent cette patine rétro, ainsi que l’aspect poisseux d’un film se voulant le plus trash et licencieux possible.

L’atmosphère comme la mise en scène foutent globalement le malaise. L’utilisation de synthétiseur et de morceaux tels que Disco Inferno durant la crémation d’un bus scolaire font basculer le récit dans l’hystérie hallucinatoire. Peut-être est-ce là aussi les limites que se fixe le long-métrage tant le contexte surréaliste du récit limite finalement ses débordements outranciers, dès lors que tout semble permis.

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