[Critique] – Dollman


Dollman affiche film

Réalisateur : Albert Pyun

Année de Sortie : 1991

Origine : États-Unis

Genre : Mini Flic

Durée : 1h19

Le Roy du Bis : 7/10
Thibaud Savignol : 6/10


13 Inchees Man with an Attitude !


Le voyageur inter-galactique

Dollman Critique film Albert Pyun

Après une introduction placée sous les meilleurs auspices, bénéficiant de compositions très soignées et conclut par un duel Léonien aussi nerveux que stylisé (format cinémascope, alternance de gros plan sur les regards, dégaines et trognes patibulaires de ses adversaire), Brick Bardo se lance à la poursuite de sa Némésis jusque dans l’espace. Mais leurs vaisseaux finiront happés par un trou noir les menant à plusieurs millions d’années lumières de leur galaxie, échouant je vous le donne en mille : sur notre bonne vieille planète Terre. Plus particulièrement dans le Bronx. Naturellement une destination aussi peu « exotique » permettait de réaliser des économies d’échelles substantielles. Pis, la banlieue New-Yorkaise, c’était déjà plus ou moins la jungle à l’époque. 

Le Plus Grand de tous les Héros

Les friches industrielles et environnements sinistrés pourvoyaient tout ce qu’il fallait pour générer un semblant de désordre post-apocalyptique. L’insécurité régnait dans ces quartiers défavorisés totalement laissés à l’abandon par la municipalité et les forces de l’ordre. Dollman est un film marqué du sceau de son époque, situé au croisement des productions urbaines «in da hood», l’avènement de la culture Rap et Hip-Hop, des baggies, bandanas, gangs tribaux et des «Fuck» à tout bout de champ. C’est également après son débarquement dans l’arrondissement, que le spectateur réalise toute l’envergure de son titre (Dollman).

En effet, le réalisateur ne mettra pas longtemps à  dévoiler le pot aux roses au public à la suite d’une confrontation opposant Brick Bardo à un un groupe de latinos en pleine séance de déflorage. Le flic va alors éparpiller la faune d’autochtones locaux à coup de pétoire. Mais là où le bât blesse, c’est que le personnage n’est pas plus grand qu’une poupée Action Man. S’il reste une terreur de la gâchette, il n’en reste pas moins vulnérable à n’importe quel danger et futilités terrestres, puisqu’un rat ou un cafard pourrait le tuer. Heureusement pour lui, aucun adversaire n’arrive à sa cheville, et le policier va donc nettoyer la banlieue au karcher laser pour débusquer son dangereux fugitif.

Dollman Critique Film Albert Pyun

Si l’argument absurde de départ pouvait laisser craindre le pire, Dollman n’en reste pas moins un film cohérent grâce à une série de gunfights explosifs et musclés (Brick Bardo repeignant les murs d’un appartement avec le sang du comité d’accueil), suffisamment bien chorégraphiés et généreux en hémoglobine. Le réalisateur hawaïen veille également à apporter quelques petites touches de second degré grâce au décalage de ton opéré par cette situation fantaisiste (une horde d’enfants tente d’assaillir le héros pour jouer à la poupée). Le scénario parvient lui aussi à surprendre grâce à l’apport d’un nouvel antagoniste interprété par Jackie Earle Haley (Freddy – Les Griffes de la Nuit, Watchmen), qui de sidekick comique va se muer en véritable psychopathe cherchant à régner sur l’ensemble du quartier.

Économies d’échelle

Contre toute attente, Albert Pyun parvient à combler l’étroitesse de son budget par de simples artifices et effets de mise en scène, bien que les incrustations soient parfois un peu plus hasardeuses. Les plans dans des décors de décharges à ciel ouvert aident foncièrement à simuler et juxtaposer les différentes échelles lors des séquences d’actions. Mais c’est aussi sur cet artisanat de bric et de broc teinté de naïveté que repose l’intérêt de ce long-métrage en marge des conventions hollywoodienne de cette même décennie.

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