
Réalisateur : Jonathan Winfrey
Année de Sortie : 1996
Origine : États-Unis
Genre : Dinosaures Mutants
Durée : 1h25
Le Roy du Bis : 4/10
Thibaud Savignol : 5/10
Full Metal Dino
En l’espace de seulement trois ans, voilà que déboule le troisième opus de la saga Carnosaur. Toujours chapeauté par Roger Corman, le dinosaure a le vent en poupe suite au succès planétaire du Jurassic Park de Spielberg. Le producteur malin a bien l’intention de surfer sur la vague jusqu’à ce qu’elle se tarisse. Cette fois directement tourné pour le marché de la vidéo, l’enveloppe allouée a encore rétréci à vue d’œil, laissant ses protagonistes vagabonder dans trois décors différents et les créatures se montrant plus timides que jamais. Les rennes du projets reviennent à Jonathan Winfrey, Corman espérant que son expérience engendrera un résultat correct (il avait déjà produit son intriguant et aujourd’hui introuvable Black Scorpion l’année précédente).
Fini le trip horrifique bourrin en huit clos à la Aliens pour cette nouvelle séquelle. Un convoi transportant une cargaison militaire top secrète se fait méchamment rétamer la gueule par une escouade terroriste. S’attendant à une énorme quantité d’uranium, quelle n’est pas la surprise des bad guys lorsqu’ils se retrouvent face à deux reptiles pas commodes. Décimés un à un, les dinosaures décident d’occuper les lieux pour établir leur nid, un entrepôt désaffecté entouré d’eau. Ah bah si, finalement on se retrouve bien à nouveau face à un trip horrifique bourrin en huit clos. Un entrepôt ça ne coûte pas cher, et les créatures ne sachant pas nager, elles ne risquent pas de s’enfuir. D’une pierre deux coup.

Il est alors temps d’envoyer marines et unités anti terroristes afin de capturer vivantes les créatures, parce qu’apparemment leur ADN possèderait des vertus potentiellement curatives. Bien qu’on salive de voir la ville comme nouveau terrain de chasse, il n’en sera rien. On naviguera d’un entrepôt vide aux cales d’un navire tout aussi désertes. Réduit à l’os, le scénario laisse le champ libre aux fusillades, courses-poursuites, pièges ratés et mises à mort toujours aussi jouissivement gores (membres arrachés en pagaille). Heureusement, les caricatures sur pattes amènent un second degré involontaire. Cela crée une dynamique plutôt comique pour qui aura un seuil de tolérance élevé à la série Bis presque Z : un lieutenant rigide et zélé comme on en fait plus, des bidasses qui visent souvent en dessous de la ceinture et une scientifique au charabia fantaisiste.
On notera même une tentative de questionner la place des femmes aux côtés de ces mâles virils. Une jolie séquence met en parallèle l’une d’elles en train de lutter physiquement au bras de fer avec un compagnon d’infortune, tandis que la docteure sera en pleine joute verbale avec le général en charge des opérations. Des interrogations que se posent même les soldats en question, sur la pertinence de femmes à leur côté. Une remise en question du mâle alpha, que partiellement aboutie. La bad ass flippera au moment crucial, et si la scientifique s’en sortira, ce ne sera pas sans une petite crise de claustrophobie et grâce à l’aide d’un homme triomphant. Les combats de demain attendront.
Certes le film se répète un poil dans ses péripéties (boum boum les dinos) et affiche quelques incohérences titanesques ; comment un T. Rex de plusieurs mètres de haut peut-il se cacher dans un entrepôt puis filer en douce dans un navire ? On sent également Winfrey en difficulté pour mettre en scène l’action, se contenant d’une shakycam, d’un montage cut, de mouvements brusques et d’une vision infrarouge pour le point des vue des créatures, façon j’ai pas de thunes. Mais encore une fois Carnosaur 3 réussit sa mission de divertissement, par une volonté permanente de mouvements (un long plan séquence au stead, travellings en pagaille), de styliser ses cadres et de ne jamais laisser le rythme faiblir. Et encore une fois, ça ne dure qu’1h20, ça fonce à l’essentiel et ça bourrine comme il faut. Le cocktail parfait après une dure journée de labeur.



