
Réalisateur : John Quinn
Année de Sortie : 1988
Origine : États-Unis
Genre : Slasher
Durée : 1h29
Le Roy du Bis : 5/10
Thibaud Savignol : 5/10
Lolita malgré elle
Mais quel bordel cette nomenclature ! Côté langue de Shakespeare, on compte deux titres distincts. Des informations qu’on peut récolter à droite à gauche, le véritable titre original serait Bloody Pom Poms. Mais ce dernier n’est utilisé que dans quelques pays, dont l’Allemagne. Le second titrage, Cheerleader Camp, semble bien plus usité à l’international. Quant à l’Hexagone, si la fiche Wikipédia affiche un Poupées de chair sorti de nulle part, c’est surtout Le Campement de l’horreur qui fait office d’appellation officielle, ayant eu droit à sa sortie DVD. Sachant que des slashers eighties où une troupe de Pom-pom girls se font trucider ne courent pas les rues, le rapprochement est heureusement aisé.
Adieu les monos, les marmots et les colonies de vacances, place à la compète entre équipes de cheerleaders. Alison, Cory, Bonnie, Pam et Theresa, accompagnées des deux pitres Brent et Pop, comptent bien remporter ce mini-tournoi local. À peine arrivée, Alison est prise de visions cauchemardesques, tandis que son petit ami Brent s’intéresse d’un peu trop près à la faune environnante. Quand les cadavres commencent à s’accumuler, Alison se demande si elle n’est pas victime d’un subconscient jaloux qui la pousserait au meurtre.
La petite troupe est plutôt attachante, avec sa peste habituelle, ses suiveuses, sa mise au ban et son héroïne traumatisée. Et heureusement, car le film glisse régulièrement vers la comédie grivoise, à défaut d’être un pur slasher horrifique. On verra ainsi l’énorme cul de Pop dès le début du film lâcher une flatulence sur la directrice du camp, ce même Pop filmer les ébats de cette dernière avec le shérif du coin, ou encore les mascottes tenter de manger à travers leur costume. Sans oublier de nous gratifier de quelques poitrines opulentes, de dragues ratées et de chutes cocasses de pom-pom girls.

Rien de très étonnant au final quand on regarde la suite de la carrière de John Quinn, plus porté sur le déshabillage féminin que sur le meurtre crapoteux. Mais pour son unique essai dans l’horreur, le garçon n’est pas avare en mises à mort graphiques. Pas très gore mais non moins généreux, le réalisateur se révèle plutôt sadique avec ses protagonistes : cisailles empaleuses de tête, écrasement par une voiture ou encore tripes d’obèse répandues au sol. Sacré Pop, qui au lieu de rester le bout en train en surpoids moqué, aura réussi à pêcho une bimbo à la soirée et eu la mort la plus graphique du film.
Camp d’été oblige, les décors et péripéties ne sont pas bien variés, entre courses-poursuites en forêt et cache-cache dans les chalets. Mais dans la pure tradition du whodunit dont il a hérité, ce slasher tardif (la fin de l’âge d’or est souvent établie au milieu des eighties) parvient à maintenir intelligemment le mystère autour de l’identité du tueur. Comme tout genre qui est à bout de souffle, Cheerleder Camp tente ainsi le mariage du slasher à l’humour grotesque, dans la veine de ce que produisait la saga des Police Academy à la même époque.
Petite anecdote sympathique, on notera qu’Alison est interprétée par Betsy Russell, célébrée depuis pour son rôle de Jill Tuck, l’ex-femme de John Kramer dans la saga Saw. Sinon côté DVD américain, était parue une édition soit disant non-censurée, mais qui se révélera n’être que la version censurée distribuée en salles. Dans le commentaire audio le réalisateur confirme la coupe de quelques séquences, comme des rêves plus érotiques, quelques plans gores en moins lors du meurtre des cisailles et une réplique finale retirée car diminuant l’impact de la révélation.
Au final pas de quoi se relever la nuit, un slasher dans son jus, certes mal rythmé, mais à l’humour gras réjouissant, doté de quelques meurtres sanguinolents et d’un twist plutôt habile. Pour nous, c’est déjà pas mal.



