[Critique] – Deuteronomium


Deuteronomium affiche film

Réalisateur : Roger Grolimund

Année de Sortie : 2004

Origine : Suisse

Genre : Misanthrope Mal Luné

Durée : 1h02

Le Roy du Bis : 6/10
Thibaud Savignol : 3/10


L’Ange de la Mort


Le monde part à vau-l’eau.  L’Occident fait état d’une dégénérescence programmée. La société a élevé une génération de cas sociaux mal dans leur peau, accroc à Tik Tok et aux réseaux sociaux. L’être humain ne peut jamais s’empêcher de tout pervertir. Ces outils 2.0 destinés à renforcer le partage et la connexion n’a fait qu’accentuer l’individualisme et les comportements narcissiques. Les femmes deviennent également très voire trop exigeantes avec les hommes. Pour perpétuer la lignée d’ânes bâtés, il faut avoir le package complet. 

Antisocial

Les prédispositions physiques et le compte en banque priment désormais sur tout le reste. Selon l’Insee, le nombre de foyers célibataires a doublé en l’espace de 40 ans. D’ici 2030, il pourrait atteindre 45 %.  Avec la montée en force du féminisme, les comportements misandre sont encouragés et il devient compliqué pour les hommes d’aborder les femmes sans craindre un procès pour harcèlement sexuel. Ces injustices notoires ont fini par engendrer une génération d’Incels abonnés aux sites pornos. Les woke, les transgenres et les écolos s’y mettent également, prônant la tolérance avec une haine farouche envers ceux qui ne pensent pas comme eux. 

Comme ci cela ne suffisait pas, les libertés artistiques deviennent restreintes, et il est vivement déconseillé de heurter la sensibilité du public prêt à braquer son smartphone et à twitter pour engendrer une nouvelle polémique entre la grosse panse de Neymar et les grivoiseries de Gérard Depardieu. Seuls les films inclusifs et socialement engagés peuvent espérer remporter l’Oscar. Les gens faibles créent des temps difficiles. La charge revient donc aux illuminés comme nous de leur montrer la lumière divine par le truchement d’une arme automatique. 

Deuteronomium critique film

Misanthrope mal luné, Michael Luhser n’a pas grand-chose pour lui non plus. Pas de bonne femme ni d’amis vers qui se tourner, et un boulot de bureau abrutissant qu’il est sur le point de perdre à cause d’un retard de trop provoqué par une panne de voiture. C’est alors que la divine providence se présente à lui sous la forme d’un ange de la mort, le missionnant de répandre la bonne parole et de purifier la société en surinant les infortunés pêcheurs d’une bourgade teutonne. 

Ni une, ni deux, Michael va prendre son rôle de prophète très au sérieux et abattre la colère du tout puissant sur un pauvre junkie, première victime d’une liste d’âmes damnées. Suivra son fumier de patron ainsi que sa femme, qu’il démembrera dans sa baignoire à coup de hache, avant de s’en prendre à une prostituée, un mari infidèle et à un scientifique arriviste empoisonnant la population à coup d’engrais bien cancérigène. Le capitalisme et la luxure sont ciblés comme les plus grands poisons d’une société rongée par le vice et la cupidité. Mais un enquêteur pervers et pickpocket aux allures de fils Baldwin se lance à sa poursuite afin d’entraver cette mission divine.

Kill ! Kill ! Kill !

Partant d’un tel postulat, il est toujours difficile de défendre un tel divertissement complaisant, amoral et régressif. L’idée que la violence virtuelle puisse servir d’exutoire reste un sujet complexe déjà abordé dans le genre (Brainscan). L’immersion dans un film permet de vivre ces émotions de manière contrôlée et de réduire l’instinct de prédation chez l’individu. D’un autre côté, l’accoutumance aux images violentes peut aussi engendrer l’effet inverse. En outre, ce type de divertissement renforce potentiellement un schéma de pensée négatif envers des personnes souffrant de troubles de la personnalité. Les gros frustrés et psychopathes refoulés devraient donc aisément y projeter leur fantasmes d’épuration, tandis que d’autres seront probablement consternés par toute cette brutalité. 

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