[Critique] – Timecop 2


Timecop 2 affiche film

Réalisateur : Steve Boyum

Année de Sortie : 2004

Origine : États-Unis

Genre : Flic du Futur

Durée : 1h20

Le Roy du Bis : 6,5/10


Retour au Point Godwin


Comme toute suite qui se respecte, Timecop 2 tente d’approfondir la mythologie d’une franchise en devenir. L’intrigue prend racine en 1940 à Berlin, où l’agent Ryan Chan (Jason Scott Lee) de la Commission d’exécution du temps (T.E.C) tente d’empêcher Miller, un agent d’une société rivale d’assassiner Adolf Hitler. En annihilant cette tentative, le héros se rend en partie responsable de la mort de millions de personnes (l’Holocauste) et tue accidentellement la femme de son homologue au passage. C’est à travers ce bouleversement dramatique que cette suite développe toute sa singularité narrative.

Timecop 2 critique film

L’intrigue tend à questionner deux socles de valeurs éthiques reposant sur des dilemmes moraux complètement opposés en abordant le fameux point Godwin. L’un cherche à sauvegarder l’Histoire de l’humanité afin d’en garantir l’équilibre, l’autre souhaite réparer les erreurs et tragédies du passé afin de bâtir un avenir meilleur. Mais des changements pourraient avoir des conséquences profondes voire désastreuses sur le monde tel que nous le connaissons. Dès lors, cette lutte idéologique va prendre une tournure d’ordre plus personnel. Pour venger la mort de sa bien-aimée, Miller va s’évader de prison et repartir dans le passé afin d’éliminer tous les agents du T.E.C. y compris Ryan Chan, qui devra alors tenter de sauver ses aïeux avant qu’il ne soit trop tard. 

Malgré une enveloppe dérisoire comparée aux ambitions de son script, Timecop 2 parvient rapidement à faire oublier son prédécesseur. Délesté de l’égo surdimensionné de l’apollon belge, cette séquelle gagne en ampleur à travers ses nombreuses reconstitutions historiques (3ème Reich, Far west, une émeute en prison, un night club des années 80, le futur de 2025) dans lesquelles les deux protagonistes tentent de solder leur comptes en se rendant coup pour coup. Steve Boyum parvient également à cultiver certaines zones d’ombres, et à offrir au public quelques séquences d’actions musclées et effets sensationnels (la transmutation d’un agent subissant les effets secondaires d’un voyage dans le temps). 

Moins spectaculaire qu’une production PM, Timecop 2 ne réécrira sans doute pas l’Histoire faute d’envergure. Reste que le cœur de la machine réside dans cette traque haletante aux multiples enchevêtrements troublant le continuum espace-temps. À mesure des sauts temporels, le montage se fait plus elliptique, en accord avec la confusion narrative opérée par ses nombreuses transitions. Malgré son cachet télévisuel, la mise en scène inventive et dynamique de Steve Boyum permet de transcender les meilleures idées de son concept initial.

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