[Critique] – Skull Heads


Skull Heads affiche film

Réalisateur : Charles Band

Année de Sortie : 2009 – 2025

Origine : États-Unis / Italie

Genre : Famille Glauque

Durée : 1h20

Le Roy du Bis : 6,5/10


Liens D’Amour et de Sang


La Full Moon Features n’est plus à la fête en cette fin de décennie. En manque de liquidité, Charles Band décide d’exploiter son château en Italie dans le cadre d’une série de films avant de le mettre aux enchères. Skull Heads sera l’un des derniers films à y être tourné. Malheureusement, la production s’est tarie dans le grand bain des direct-to-video déjà largement saturé de DVD et Blu-ray. En France, l’éditeur Elephant Films cessera peu à peu de s’y abreuvoir. Le long-métrage ne sera d’ailleurs jamais distribué dans nos contrées et seulement visible d’une caste de fans dévolus au studio, directement par le biais de sa nouvelle plate-forme de SVOD. Heureusement l’injustice est aujourd’hui réparée, puisque dans sa grande générosité, le producteur a décidé de ressortir le film gratuitement sur sa chaîne Youtube dans une superbe version remastérisée Noir et blanc.

Dans le jeu des 7 familles dégénérées de l’univers Full Moon, celle des Arkoff constitue probablement l’une des plus glauques et sinistres. Si ses membres ne semblent pâtir d’aucune tare ou handicap physique, il semblerait que Naomi souffre en revanche de la solitude d’une vie recluse. Le patriarche rustre et sadique cherche à empêcher toute communication avec le monde extérieur de manière à garder sa fille sous son influence et à lui infliger toute une série d’humiliations et de châtiments corporels. Mais lorsque des escrocs se présentent pour dérober les œuvres d’art du château, les masques ne vont pas tarder à tomber, et les véritables gardiens des lieux à se manifester pour préserver le fragile équilibre des liens familiaux.

Après avoir amorcé une œuvre plus sombre et mature avec Les Geôles du Diable, Charles Band persiste et signe avec Skull Heads. Comme souvent le producteur ne peut s’empêcher de coller à ses compagnons une galerie de petites créatures bizarres et morbides. Ainsi, cette production s’ajoute à une série de films où les marionnettes sont davantage spectatrices de l’action. Elles se limitent à l’utilisation d’un pouvoir surnaturel leur permettant de ressusciter les morts. Leur courte apparition ne saurait néanmoins faire de l’ombre à la distribution, notamment dominée par le légendaire Steve Kramer dans le rôle du patriarche tortionnaire.

Skull Heads critique film

Robin Sydney livrait également l’une de ses meilleures interprétations dans le rôle d’une jeune femme névrosée tiraillée entre son chamboulement hormonale et sa personnalité juvénile. L’actrice en quête d’émancipation dans le monde de la série B retrouvait le chemin du bercail après quelques apparitions peu marquantes dans d’obscures productions (Wicked Lake, Garden Party) et séries télévisées (Drake et Josh).

À l’origine pensé comme un film noir, Skull Heads se prête harmonieusement bien à cette remasterisation en noir et blanc, Terrance Ryker (Ghost Poker, Evil Bong 2) étant parvenu à capturer l’atmosphère gothique d’un lieu dont le style architectural s’apparente paradoxalement à celui de la renaissance. L’ambiance lugubre et dépressive contamine toutes les strates de ce film jusque dans les rapports de cette cellule familiale dysfonctionnelle, avant un ultime quart d’heure aussi dramatique qu’horrifique.

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