[Critique] – La Légende de la Momie


La Légende de la Momie affiche film

Réalisateur : Jeffrey Obrow

Année de Sortie : 1998

Origine : États-Unis

Genre : Malédiction Égyptienne

Durée : 1h36

Le Roy du Bis : 4/10


À Tombeau ouvert


Durant les années 90, le public occidental porte un intérêt soudain pour L’Égypte et ses merveilles antiques. Surtout, les momies traînant leur guêtres et bandelettes n’ont jamais cessé de fasciner les gens à travers le caractère surnaturel de leurs embaumements et leurs menaces de malédictions. Le premier film à traiter de ce mystère c’était Cléopâtre de Georges Méliès, avant que les studios Universal ne popularisent le mythe avec ses Universal Monsters dans les années 30. Puis la momie s’est endormie durant plusieurs décennies malgré quelques come-back peu glorieux, juste histoire de sustenter les fringales nocturnes.

L’intrigue mariant malédiction, mysticisme, et réincarnation, s’intéresse aux circonvolutions d’un groupe cherchant à lever le voile de mystères autour d’une momie découverte par le Docteur Trelawny. Ce dernier, plongé dans le coma, se retrouve étroitement lié à la redoutable Reine Tera, dont le corps abrite une force maléfique. En explorant les artefacts anciens et les vérités occultes, sa fille Margaret accompagné de l’égyptologue Robert Wyatt et d’un pilleur de tombe nommé Corbeck, tentent alors d’empêcher la résurrection vengeresse de la momie et les crimes surnaturels qu’elle déclenche.

La Légende de la Momie critique film

La Légende de la Momie tend à s’inscrire dans la grande tradition des productions Hammer films et séries B de l’époque, avec cette idée fondatrice d’une créature qui n’a pas besoin d’être vue pour être inquiétante. La momie passe donc le plus clair de son temps à jouer à cache-cache sous un matelas pourri quand elle ne pointe pas le bout de ses bandelettes au beau milieu d’une enquête tout à fait soporifique. Quand elle surgit enfin, elle le fait par fragment, ombre et silhouette. Le récit avance comme une déambulation dans un musée désert un soir de fermeture. On entend les théories fantastiques autour des vieilles légendes égyptiennes, on voit les ombres des hiéroglyphes vaciller, et on sent surtout un scénariste en quête désespérée de liant pour justifier les attaques surnaturelles qui ponctuent le long-métrage.

Bien que la menace suggère une configuration lovecraftienne, celle-ci s’incarne finalement à travers un séisme domestique, des griffures sanglantes, une nuée de blattes voraces et des sables mouvants. Plus atmosphérique qu’horrifique, le film échoue à nous transporter au Moyen-Orient, faute d’une évocation égyptienne se limitant à un pauvre flash-back dans la vallée du sorcier et à l’excavation d’un tombeau reconstitué en studio. Faute de star pour porter le projet, d’une mise en scène télévisuelle et d’un rythme atone, La Légende de la Momie finit par plonger le public dans un coma aussi léthargique que celui du docteur Trelawny. On a beau y parler occultisme et malédiction, rien n’y fait.

Lorsque les enquêteurs mettent la main sur un diamant étincelant, ils découvrent avec stupeur que celui-ci constitue une source d’énergie céleste pouvant illuminer les ampoules d’une chambre funéraire. Maître Gims aurait sûrement apprécié l’idée. On pourrait presque parler d’un plaisir coupable, si le film ne se prenait pas lui-même autant au sérieux, à l’exception de quelques rares scènes à la limite de la série Z (les pitreries de Richard Karn offrent notamment une séquence particulièrement risible dans un bureau).  Pas vraiment bon, pas franchement mauvais, La Légende de la Momie est simplement inhumable dans sa volonté de survivre au temps, comme sa momie.

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