
Réalisateur : Dutch Marich
Année de Sortie : 2025
Origine : États-Unis
Genre : Horreur Forestière
Durée : 1h17
Le Roy du Bis : 5/10
Thibaud Savignol : 4/10
Sortie sur la Plateforme Shadowz le 16 janvier 2026
Quand t’es dans le désert …
Dutch Marich est un homme qui n’a pas de temps à perdre. Excepté son premier Horror in the High Desert sorti en 2021, voilà qu’il enchaîne sa troisième séquelle en seulement trois ans. Ce quatrième opus, désormais disponible sur Shadowz, vient enfoncer le clou d’une mythologie qui ne cesse de s’épaissir. Tissant une toile de mystère toujours plus grande, le réalisateur américain joue ici la carte de la préquelle indirecte, comme il est dorénavant admis dans toute saga moderne. Mais à force de crier au loup tous les ans, il faut bien avouer que notre patience commencer à sérieusement s’éroder.
Cette fois-ci, comme annoncé lors du dernier épisode en date, on découvre les déboires de la cow-girl Dolly. En triant les affaires de ses parents, propriétaires d’un immense ranch dans la région du Nevada explorée depuis trois films, elle découvre une boîte suspecte. Le contenu va nous plonger quelques décennies en arrière, lorsque le père de Dolly, Beau, avait déjà dû se confronter à la menace des environs.
L’habituelle journaliste d’investigation Gal Roberts et le détective Oscar Mendoza prennent le relais pour expliciter les faits, façon Crime Story. Redémarre ainsi la même routine, alternant rush trouvés dans la boîte et interviews des «experts» de l’affaire. Une formule qui fonctionnait à plein régime lors du premier opus, créant un véritable suspense quant au sort du disparu Gary Hinge.

Mais le principal problème ici, c’est que les deux locuteurs ne donnent que très peu d’informations, sont vagues et ne cessent de teaser les séquences à venir («ce qu’on a découvert est incroyable»). Alors qu’ils sont malheureusement très avares en révélations. Leurs interventions sont linéaires, juste bonnes à filer les éléments narratifs nécessaires au récit, et donc presque anecdotiques. On comprend la rétention du mystère en vue de prochaines révélations (un cinquième opus est annoncé au générique), mais tout cela commence à tourner en rond et être d’avantage frustrant qu’intriguant quant à cette horreur indicible d’une partie du Nevada.
C’est plus largement toute la formule de Dutch Marich qui ronronne dangereusement. Connaissant cette fois-ci le sort du protagoniste, le seul intérêt réside dans une potentielle mécanique horrifique. Si les séquences de frousse sont techniquement bien troussées, et prouvent une certaine maîtrise du support (toujours ces contrastes de lumière assez terrifiants), une sensation de redite ne peut nous échapper. On explore les mêmes lieux (forêt, cabane, mine), sommes confrontés aux mêmes ombres et certains passages ont la mauvaise idée de s’éterniser. On est loin des sommets d’angoisse de Minerva, le second opus.
Le mélange des sources est poussé à son paroxysme (drone, caméra HD, pellicule, VHS), une des trop rares bonnes idées. Derrière l’aspect gadget se dessine l’horreur sur un temps long (plusieurs décennies), infusant chaque époque de ce Mal du terroir. Dans le même ordre idée, un lien géographique est crée avec le second volet et un lien sonore avec le troisième (le son métallique lancinant). Mais rien n’aboutit vraiment, connectant cet univers de manière bien plus cryptique que ce que les révélations auront à dire, on prend les paris.
Horror in the High Desert 4 : Majesty tire beaucoup trop sur la corde pour l’apprécier autant que ses prédécesseurs. Le concept apparaît exsangue, proposant la même boucle sans réelle nouveauté à se mettre sous la dent. Reste l’idée pertinente d’une multiplication des points de vue, faisant de chaque film non pas une entité distincte, mais le segment d’un tout beaucoup plus grand. Si le cinquième volet tient ses promesses finales, pour sûr que ce quatrième «épisode» sera revue la hausse.



