[Critique] – Blood Camp


Blood Camp affiche film

Réalisateur : Robert Hiltzik

Année de Sortie : 2008 (États-Unis) / 2011 (France)

Origine : États-Unis

Genre : Slasher Du Harcèlement

Durée : 1h22

Thibaud Savignol : 5/10


Bully


Du neuf avec du vieux

Car si le film ne sort qu’en 2008, son développement commence pourtant dès 2000. Projet de petite envergure, certains investisseurs se retirent suite aux attentats du 11 septembre et à la récession économique qui s’ensuit. Le tournage ne commence qu’en 2003, le 11 septembre d’ailleurs. La sortie est prévue entre 2004 et 2006, mais insatisfait des effets numériques, Hiltzik souhaite plus de temps. Une fois tous les problèmes résolus et quelques reshoots tournés sans l’accord du réalisateur, Blood Camp sort en Dvd en 2008 aux States, et en 2011 par chez nous.

Le scénario rejoue les mêmes tropes que son prédécesseur. Le camp Arawak a rouvert ses portes 20 ans après le carnage d’Angela. Le moniteur Ronnie est de retour, et son interprète Paul DeAngelo également, en tant que directeur adjoint. Même si slasher en camp de vacances oblige on suivra une flopée de personnages secondaires tous plus débiles les uns que les autres, le script se concentre avant tout sur le calvaire enduré par Alan. Jeune homme en surpoids accusant un léger retard mental, il est clairement la tête de turc de tous, des ados aux moniteurs. Pendant ce temps, des meurtres font leur apparition.

Blood Camp Critique Film

Une intrigue classique pour un genre difficile à renouveler. Exceptée la scène d’intro et ses pets enflammés, le long-métrage s’éloigne de l’esprit teen bon enfant voire naïf des années 80, où les bêtises se limitaient à picoler en douce, reluquer le sexe opposé et faire exploser des pétards. Le curseur suit la surenchère propre à son temps. Certains kids passent leur temps à fumer, d’autres à s’insulter en permanence ou à faire chier leur monde. On flirte plus avec l’esprit rebelle désespéré des nineties que le fun insouciant des eighties. Mais dans le fond, rien de neuf ; les jeunes cherchent à se démarquer, se faire remarquer, et contester l’autorité.

La forêt désenchantée

Cependant, si Angela subissait une certaine pression en 1983 et le faisait payer à ses harceleurs, ce n’est pas grand chose comparé au calvaire subit par Alan. Rarement un ado aura été à ce point tourmenté dans ce type de film. Pas aimable ou innocent non plus (il adore dire à ses interlocuteurs que leur «ass stinks»), il se fait humilier par à peu près tout le monde. Son responsable le plaque au sol pour lui faire manger son repas, une jeune obèse l’attrape par le paquet devant tout le monde, le cuistot lui balance des œufs pourris dans le dos et le groupe «cool» du camp ira jusqu’à lui arracher le slibard à la vue de tous et le surnommer «blowjob» (sucette en vf). Du bullying de compétition.

Est-ce donc Alan le tueur mystérieux du camp ? On s’abstiendra de répondre, mais Hiltzik nous refait le coup du twist, moins marquant cette fois-ci, et sûrement grillé pour les plus attentifs. Après cette première heure aux ras des pâquerettes, mais fascinante par le je-m’en-foutisme total de la direction du camp face à un harcèlement ininterrompu, le final relâche enfin la tension. Quelques meurtres brutaux au programme, dont un avec des rats, hors-champ malheureusement, et une ultime mise à mort sacrément gorasse.

Tourné en péloche et bénéficiant d’un charme granuleux propre au genre, le résultat accuse ses problèmes de production. Le montage paraît par moments chaotique dans l’enchaînement de ses séquences, les faux raccords jour-nuit-jour se succèdent et l’acting sonne la plupart du temps amateur. Suite clairement inutile, les fans de la saga ou des slashers summer camp y trouveront leur compte.

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