[Critique] – Game Of Survival


Game of Survival affiche film

Réalisateur : Roberta Findlay

Année de Sortie : 1985

Origine : États-Unis

Genre : Huit Clos Sauvage

Durée : 1h34

Le Roy du Bis : 7/10
Thibaud Savignol : 6/10


Tel est notre Ghetto


C’est avec une fierté non dissimulée que Roberta Findlay brandit la classification X de son film à sa sortie en 1985. Icône du bis et du porno dans les années 70 (Snuff ou Anyone But my Husband, au choix), elle se reconvertit en toute fin de carrière vers l’exploitation à petit budget pour le marché de la VHS. Après s’être fait la main sur The Oracle, elle pousse les potards à fond pour son second essai horrifique, le poisseux Tenement, aka Slaughter in the South Bronx, ou Game of Survival par chez nous.

Fauché comme pas deux, le long-métrage a la bonne idée de resserrer son intrigue en un lieu unique et sur seulement quelques heures. Tandis que le concierge d’un immeuble en piteux état parvient à faire arrêter la bande de loubards junkies qui traîne dans sa cave, voilà pas qu’ils débarquent dès la fin d’après-midi, fraîchement remis en liberté. Enragés face à cet affront, ils décident de se farcir tous les habitants de l’immeuble, un par un, étage par étage. Mais une fois l’effet de surprise passé, les locataires ne comptent pas servir de défouloir éternellement.

On est bien du côté de la Big Apple, version clodos, marginaux et populace précaire. Si le premier acte suit davantage les voyous que les futures victimes, miroir de la délinquance alors à l’œuvre lorsque la ville était bien plus craignons qu’aujourd’hui, c’est pour maximiser par la suite l’empathie ressentie envers une communauté persécutée pour une bête histoire de vengeance.

Game of Survival Critique Film Uncut Movies

Des hôtes différents, aussi bien par leur couleur de peau, leur âge ou leurs convictions, mais qui constituent rapidement un groupe soudé, car démunis et n’ayant pas grand chose à sauver si ce n’est leur vie. Et à ce petit jeu là, même si le film accuse son âge, il reste encore aujourd’hui un sacré survival urbain, d’une radicalité assez stupéfiante. Petit budget oblige, et choix de décor insalubre au possible, on retrouve cette patte granuleuse, âpre et rentre-dedans propre aux séries B de l’époque.

Tronquant l’horizontalité habituelle des huis-clos d’affrontement, Assaut en tête, contre une verticalité quasi jeuvidéesque, Game of Survival instaure rapidement un climat anxiogène, où chaque montée d’étage rapproche les protagonistes d’une impasse terminale. Pas spécialement gore, mais violent et ultra-sanglant, voire même sadique, le film déploie des trésors d’ingéniosité quant aux sévices mis en scène : viol avec un balais, empoissonnement à la javel, éventrement ou coup de couteau dans les parties.

Certes, la durée du film aurait gagnée à être un peu raccourcie, notamment lors de ce ventre mou où les junkies font des trucs de junkies (baiser, se droguer, rigoler à gorge déployée) et les survivants des trucs de survivants (angoisser, s’organiser, prendre quelques mauvaises décisions). Mais la dernière partie rabat les cartes lors d’un ensauvagement palpable. Préquelle avant l’heure de Maman j’ai raté l’avion version trash (tous les pièges inventés par les locataires, à base d’eau bouillante et d’électricité), Game of Survival justifie son classement X, ne recule devant aucun affront, et affiche une radicalité jusqu’au boutiste.

Car derrière ce combat enragé pour la survie, se dessine en filigrane le destin de laissés pour compte abandonnés par le système, n’ayant pu fuir la ghettoïsation de leur quartier à temps, et désormais réduits à s’entre-tuer.

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