[Critique] – The Black Alley Cats


The Black Alley Cats affiche film

Réalisateur : Henning Schellerup

Année de Sortie : 1973

Origine : États-Unis

Genre : Rape and Revenge

Durée : 1h21

Le Roy du Bis : 6/10


La Revanche des Dévergondées


The Black Alley Cats est une petite bande d’exploitation crapoteuse semblant tout droit sortie du sous-sol miteux d’un vieux cinéma porno des années 70. Le film de Henning Schellerup fête ses 50 ans d’existence, et ne semble avoir jamais souffert des polémiques de son classement X bien au contraire, pourtant celui-ci paraissait condamnable à bien des égards entre ses partouzes, ses viols, et son racisme.

Un groupe d’étudiantes issue d’une sororité sont déflorés par des hommes au détour d’une ruelle coupe-gorge. Le long-métrage introduit ainsi la nudité de ses interprètes ainsi que ces séances de copulations par un outrage. Dans ces scènes érotiques, les actrices miaulent presque autant que des chattes en chaleur. Certes, les jeunes femmes en ressortent revanchardes, mais l’acte, relativement court, est largement orienté sensuellement. Particulièrement ambigu, cette représentation interroge à l’ère de Me Too tant elle semble promouvoir la culture du viol. 

Si le film prend la tournure d’un rape and revenge, le réalisateur opère en marge des films de genre habituels. Le sexe ne sert pas qu’au plaisir mais également à dominer et humilier l’autre. Les femmes apprennent à se défendre et forment un gang (Les Chattes sauvages) afin de se retourner contre leurs agresseurs et détrousser des bandits, rupins, et nantis. Ces situations cocasses entraînent systématiquement des orgies sexuelles. Tout n’est que prétexte à voir les actrices se dénuder sous les douches pour des séances d’ablution ou bien s’adonner  au libertinage dans des salons.

The Black Alley Cats critique film

La mise en scène traduit un certain amateurisme propre à l’industrie pornographique de l’époque, entre une prise de son directe parfois inaudible, et sa pellicule ayant largement souffert des affres du temps. Le film transpire de tous ses pores la cyprine, le foutre et la chatte mal lavée. The Black Alley Cats est clairement un film d’un autre temps où le plaisir naît de l’interdit et du tabou de société. 

Chaque figure de l’autorité ou de l’adulte, matriarcale comme patriarcale, constitue une menace prédatrice. La matrone de la sororité s’offre le droit de cuissage sur les nouvelles pensionnaires, quand ses congénères se battent pour pouvoir se départager leur proie. Un couple de médecins échangistes utilise des drogues type GHB pour contraindre une étudiante peu farouche à se dénuder, prendre des photos de charmes et copuler dans la joie et l’allégresse avant d’en faire leur « esclave » sexuelle. 

Henning Schellerup fétichise les peaux d’ébène (plusieurs actrices noires sont l’objet de fascination dans le film aussi bien auprès des hommes que des femmes), opérant à un renversement des valeurs pour le plus grand plaisir déviant du spectateur.  À cette occasion, un homme de couleur se retrouve également devenir l’objet de plaisir d’un groupe de bourgeoise. « Vous en avez toujours rêvés » dit l’une des ravisseuses, afin de pointer de la langue le fantasme des rapports interraciaux. 

Après avoir été elles-même pervertis par le viol, les chattes sauvages en font autant avec leurs victimes, les contraignant à se dénuder et se toucher avant que ces dernières n’y éprouvent un malsain plaisir, continuant leur petite sauterie sans se soucier des regards extérieurs. Face à ces scènes, le public se divise en deux camps bien distincts. Des spectateurs en sortent tout émoustillés, appréciant se rincer l’œil et se toucher occasionnellement face à ces ardeurs sensuellement chargés. D’autres se sentiront souillés face à ce parangon d’obscénités pouvant légitimement heurter quelques sensibilités à fleur de peau ou culs serrés. 

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