
Réalisateur : Kevin Tenney
Année de Sortie : 1998
Origine : États-Unis / Canada
Genre : Complot Extraterrestre
Durée : 1h40
Le Roy du Bis : 3/10
Rencontres de Type Z
Après le premier contact et l’écoute attentive d’un écho lointain, vient la rencontre du troisième type, puis le choc des civilisations qu’elle implique. The Second Arrival, lui, semble relever d’une catégorie encore supérieure, celle du type Z, ou plutôt celle de trop. Le premier The Arrival mêlait complot gouvernemental, invasion extraterrestre et l’une des problématiques majeures de notre temps : le réchauffement climatique. Une race d’aliens pollueurs et belliqueux tentait d’y terraformer la Terre pour adapter l’atmosphère à ses besoins, quitte à provoquer l’extinction totale de l’humanité. Grâce au radioastronome Zane Zaminsky, une preuve irréfutable avait fini par éclater au grand jour, relayée jusque dans les journaux télévisés.
Un an plus tard, The Second Arrival part d’un constat cynique et involontairement lucide : tout le monde s’en fout. Le message alarmiste, aura eu le même impact que le discours de Greta Thunberg devant le G20, soit un bide embarrassant suivi d’un oubli collectif soigneusement entretenu. De son côté, Zane Zaminsky s’est éteint d’un arrêt cardiaque, et le destin de l’humanité repose désormais sur son demi-frère, dont personne n’avait jamais entendu parler jusque-là. Une idée brillante sur le papier, si l’on accepte de confier l’avenir du monde à un bureaucrate je-m’en-foutiste qui partage sa couche avec un alien travesti.
Les maigres recettes du premier opus auront en tout cas suffi à motiver les producteurs à poursuivre l’invasion, avec ou sans sa tête d’affiche. Exit Charlie Sheen, remplacé par le regretté Patrick Muldoon, le pilote tête à claque qui faisait du gringue à Denise Richards dans Starship Troopers. À ses côtés, Jane Sibbett, éternellement associée à son rôle de lesbienne dans Friends, campe ici une journaliste carriériste rêvant d’un Pulitzer. Ensemble, ils devront mettre au jour une machination extraterrestre tout en échappant à un couple de tueurs lancé à leurs trousses.

Mais avec un budget amputé de trois quarts (6 millions contre 25 pour le premier film), le réalisateur Kevin Tenney ne fera pas illusion bien longtemps. Pour remettre les choses en perspective, The Second Arrival sort un an après Contact de Robert Zemeckis. Là où ce dernier ouvrait son film sur un travelling arrière vertigineux sondant l’immensité de l’univers, cette suite fauchée propose des images de synthèse à peine dignes d’une cinématique de playstation, et une série d’incrustations abominables sur fond vert.
Le film accuse non seulement un retard technologique flagrant, mais son scénario est également truffé d’incohérences que les personnages se sentent obligés de commenter (« Pourquoi ne m’ont-ils pas tué quand ils en ont eu l’occasion ? »). On se le demande, en effet. À l’instar de James Cameron sur Terminator et avec un budget pourtant similaire, Kevin Tenney tente de recentrer son récit sur une traque nerveuse et tendue, mais échoue systématiquement à dynamiser ses séquences d’action, ou à insuffler un semblent de suspense.
D’autres scènes frôlent même le ridicule absolu : la réunion de complotistes décimée par une boule Dyson nettoyant les preuves comme un aspirateur cosmique, ou le climax dans une centrale nucléaire où l’effondrement et les effets d’aspiration sont simulés à l’aide de ventilateurs et de figurants sautant dans le vide. La résolution finale, capillotractée au possible, produit surtout l’effet d’une énorme climatisation émotionnelle. L’avantage, et pas des moindres, c’est que cette séquelle n’aura absolument aucun impact sur votre bilan carbone et s’évaporera instantanément de votre mémoire comme sous l’effet d’un Neuralyzer. Une invasion ratée dont l’oubli reste sans doute la meilleure issue possible.



