[Critique] – La Momie : La Tombe de l’Empereur Dragon


La Momie La tombe de l'empereur dragon affiche film

Réalisateur : Rob Cohen

Année de Sortie : 2008

Origine : États-Unis / Chine / Allemagne / Canada

Genre : Aventure Old School

Durée : 1h52

Le Roy du Bis : 4/10
Thibaud Savignol : 4/10


Made in China


Déjà la suite de trop ?

La pré-production a été plus compliquée que prévue. Stephen Sommers devait prolonger son travail, mais fut finalement remplacé par Joe Johnston (réalisateur du culte Chérie, j’ai rétréci les gosses). Lui-même fut évincé au profit de Rob Cohen, dont les dernières œuvres (Fast and Furious, xXx, Furtif) transpiraient plus la testostérone que le doux parfum romanesque attendu pour une telle œuvre. Côté casting, on retrouve le sympathique Brandan Fraser, encore dans la lumière avant sa longue et injuste traversée du désert, ainsi que le pas très marrant John Hannah, sûrement pas aidé par des lignes de dialogues sacrément faiblardes.

En ce qui concerne sa compagne intrépide, Fraser fait désormais face à la charmante Maria Bello, Rachel Weisz ayant refusé de rempiler pour cette suite. Et à l’instar d’Indiana Jones 4, il est temps pour ces sagas d’introduire les fils des protagonistes principaux. Spielberg faisait appel à Shia Labeouf, alors en pleine bourre avec la saga Transformers, pour camper le fils d’Indy, tandis que Rob Cohen choisit l’inconnu Luke Ford pour incarner le nouveau venu de la famille O’Connell. Les deux partagent cependant une similitude : le côté tête brûlée tête à claque, petit sourire en coin.

Dépaysement total pour La Tombe de l’Empereur Dragon. Co-production oblige, et en vue de profiter du marché immense qu’offre la Chine, l’action quitte l’Égypte pour investir les terres de l’Empire du Milieu. L’introduction fait son petit effet, nous narrant l’ascension et le chute d’un empereur avide de conquêtes, de pouvoir et de sang. Dans les années 40 d’après-guerre, le couple O’Connell s’ennuie profondément durant leur retraite forcée. Lorsqu’on leur demande de transporter l’Œil de Shangri-La à Shanghai, ils sautent sur l’occasion. Pendant ce temps, le général Yang tente de ramener à la vie l’empereur déchu ainsi que son armée de terre cuite afin de restaurer le prestige et l’autorité de la dynastie Qin. Évidemment, tout cela va concourir à ce que l’Œil en question réanime le défunt, et lance le long-métrage vers une course-poursuite incessante jusqu’au final se voulant dantesque.

La Momie La tombe de l'empereur dragon

Quand t’es dans le désert !

La Tombe de l’empereur Dragon est un MacGuffin dans la plus pure tradition, où l’objet mystérieux qu’est l’Œil n’est qu’un prétexte pour pouvoir enchaîner les péripéties et les scènes d’action. Rien ne sera jamais vraiment expliquer, justifier ou rationaliser. En soi rien de grave à cela, de nombreux films du genre se base sur le même procédé (oui, ne te cache pas Indiana Jones). Peut-être aurait-il tout de même fallu pondre un scénario digne de ce nom pour enflammer la fibre aventuresque du projet.

Les personnages sont creux, n’ont rien à jouer, servis par des dialogues d’une platitude assez gênante. L’intrigue se positionne rapidement sur les rails attendus, ne s’en écarte jamais et enchaîne les séquences sans éclat. Passé l’exposition obligatoire dénuée de charme, le film lâche enfin les chevaux au détour d’une séquence explosive en plein Shanghai, clin d’œil appuyée à l’ouverture sensationnelle d’Indiana Jones et le temple maudit. Rob Cohen profite clairement de ses 150 millions de dollars de budget, terminant cette course folle avec l’explosion spectaculaire d’un tramway au cœur du centre ville, ou tout du moins au cœur du studio.

Dès lors, le long-métrage ne prend que de rares inspirations, enchaînant les combats au cœur des montagnes, où des yétis deviennent les anges gardiens de nos héros (?), s’autorisant un bref intermède pour conclure une romance mielleuse à souhait, avant de délivrer un climax d’une envergure surprenante. La bataille finale voit ainsi des milliers de soldats s’affronter pour sauver la Chine de la dictature à venir (ça en serait presque ironique). Forcément, 2008 oblige, quelques effets numériques piquent les yeux (la neige et les paysages), mais l’ensemble tient encore la route. Rob Cohen, fidèle à sa réputation fait tout péter et ne s’embarrasse pas de subtilités. Et le problème est bien là, même si soyons honnêtes, mise à part une première partie un brin mollassonne, on ne s’ennuie jamais vraiment devant ce troisième volet.

Mais on regarde pourtant tout cela d’assez loin, presque distrait, rarement impliqués dans un récit où les personnages sont dénués de consistance et où la dramaturgie est en pilotage automatique. Il faut dire également que le montage n’arrange rien. Les scènes d’action, malgré leur originalité louable, sont parfois illisibles, notamment à cause d’un découpage de l’espace chaotique et une construction chorégraphique aux abonnés absents. Les amoureux de cinéma asiatique seront cependant gâtés, avec la présence à l’image de Michelle Yeoh, Jet Li et du furibard Anthony Wong, rendant tout de suite plus sympathique un troisième volet en deçà des attentes.

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