[Critique] – Trancers 2


Trancers 2 Affiche film

Réalisateur : Charles Band

Année de Sortie : 1991

Origine : États-Unis

Genre : Flic du futur

Durée : 1h25

Le Roy du Bis : 6/10


Au Pays des Clochards


Un Nouvel Espoir

Six ans se sont donc écoulés depuis la mort de Whistler, permettant la sauvegarde de la paix universelle dans le futur, ou presque… Car en 1991, les Trancers investissent encore le passé pour lever une nouvelle armée et assassiner les descendants du conseil régissant de Lost Angels. Pour ne rien arranger, la femme de Jack Deth qu’il croyait morte en mission réapparaît subitement et compte bien remettre le grappin sur lui, occasionnant quelques bisbilles et concours de jalousie. Le triangle amoureux se retrouvera aux prises du Dr Lyle et de l’affreux Dr Waldo (qui n’est autre que le frère de l’affreux Whistler), au beau milieu d’une ferme de conditionnement d’élevage cachée derrière un centre de réhabilitation pour clodos. Ça va blaster. 

Trancers 2 Critique film

En principe, Trancers 2 respecte le traditionnel adage voulant qu’une suite soit forcément bigger and louder. Nous aurons donc deux fois plus de Trancers, deux antagonistes pour le prix d’un, deux pétillantes actrices aux bras de Tim Thomerson et surtout deux fois plus de clodos et d’ivrognes. Pourtant, cette réunion de « grands noms » ne suffit pas à masquer la vacuité d’une mécanique tournant à vide. Les comédiens se cantonneront le plus souvent à faire de la figuration, à l’image de Barbara Crampton dont le rôle se limite à une courte apparition.

À la tienne, Étienne

Le plaisir de retrouver Jack Deth dessouder du Trancers et d’échapper à la mort en évitant les attaques de chariots élévateur reste néanmoins intact. Rappelons que la réussite du premier opus reposait avant tout sur sa simplicité, privilégiant le plaisir immédiat, aboutissant à des situations excessives et grotesques (la baston dans un centre commercial face à un père Noël zombifié). En voulant complexifier son intrigue, le réalisateur s’est donc pris les pieds dans un véritable sac de nœud scénaristique, avec ses voyages dans le temps, ses lectures de mémoire génétique et autres ramifications complexes. 

Conscient de ce handicap, Charles Band passe ainsi son temps à nous expliquer l’action, ce à quoi Jack Deph répond lui-même “C’est complètement aberrant”. Si le public aurait préféré moins de palabres et davantage d’action, celui-ci pourra toujours compter sur les facéties d’Ashby, le poivrot n’ayant pas son pareil pour lancer des canettes de bières sur les méchants. En outre, le film dispose toujours de quelques petites fantaisies sciences-fictionnelles, comme cette montre permettant d’arrêter le temps ou ces ennemis biodégradables réduits en poussière dans un halo de laser rouge.

Dévitalisé de son esthétique eighties, de ses reconstitutions et plans composites suggérant un futur noir, mélancolique et sans espoir, Trancers 2 esquive la cité de Los-Angeles pour s’épanouir dans un cadre plus champêtre. Plombé par ses nombreuses continuités dialoguées et intrigues à tiroirs sans réel intérêt, le film conserve néanmoins sa légèreté de ton, bercé par son envoûtante partition synthwave désormais culte. Sous ses allures de DTV plat, mal dégrossi et soporifique, cette séquelle peine néanmoins à imposer Jack Deth comme le nouveau maître étalon dont le studio avait cruellement besoin à l’époque. Et ce ne sont certainement pas ses autres suites qui redoreront le blason d’un héros se complaisant à fréquenter les clochards ramassés dans le caniveau. 

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