
Réalisateur : Jeff Burr
Année de Sortie : 1993
Origine : États-Unis
Genre : Poupées Tueuses
Durée : 1h19
Le Roy du Bis : 6/10
Thibaud Savignol : 5/10
When Bad Puppets Turn Goods
Avec la franchise Puppet Master, Charles Band semblait avoir enfin déniché sa poule aux œufs d’or, à tel point que le producteur destinait le quatrième opus à une sortie en salles. Finalement, les poupées seront de nouveau remisées au placard du DTV dans le cadre de deux productions tournées simultanément et sorties à six mois d’intervalle.
Puppet Master 4 tente d’approfondir la mythologie de la saga en faisant combattre ses poupées face à un maléfique sorcier égyptien et sa horde de Totems belliqueux. Sutekh cherche à remettre la main sur la formule secrète dérobée jadis par le marionnettiste André Toulon, afin d’insuffler la vie à ses créations. L’élixir va alors tomber dans les mains d’un jeune scientifique cherchant à révolutionner le domaine de l’intelligence artificielle. Cette aubaine va lui permettre de réanimer les marionnettes fétiches de Toulon qui l’aideront à lutter contre les créatures de Sutekh.
Ils sont venus, ils sont tous là, ou presque : Pinhead, Tunneler, Blade, Six-Coups et même l’inénarrable Jester. La marionnette Torch spécialement créée à l’occasion de Puppet Master II ; et d’ailleurs visible sur l’affiche ; sera la grande absente du film en raison de contraintes techniques et budgétaires. Jusqu’à présent, les marionnettes ont toujours joué le rôle des petites mains et bourreaux. Puppet Master 4 tend à replacer les créations de Mark Rappaport au cœur d’une histoire tirant vers la dark fantasy. Les poupées étant par extension le reflet de leur maître, elles passent donc désormais du côté des « gentils » comme tend à le souligner le sous-titre du film («When Bad Puppets Turn Goods»).

Ce revirement opportuniste faisant des poupées les héros fut davantage motivé par la nouvelle politique commerciale de Charles Band, destinant désormais sa franchise au jeune public. Comme le veut la tradition, chaque nouvel opus intègre une nouvelle marionnette à la collection : Decapitron sera donc la vedette en même temps qu’un personnage pivot essentiel à la narration, permettant de transmettre le relais entre deux générations. À cette occasion, Guy Rolfe effectua une brève apparition dans le rôle du fantôme d’André Toulon, malgré quelques bisbilles avec son producteur. Le comédien refusait de quitter sa chambre d’hôtel et d’apparaître dans le film si Charles Band ne lui glissait pas une enveloppe sous le palier de sa porte.
Moins sombre et mature que ses prédécesseurs, Puppet Master 4 ne comporte également aucune scène de nudité (une première dans la série) de nature à pervertir nos chères petites têtes blondes malgré quelques effets gores bien sentis. La réussite du film tient notamment au soin accordé à sa mise en scène, sa photographie signé Adolfo Bartoli ainsi qu’à ses choix d’environnements, de l’hôtel Bodega Bay Inn à son décor infernal et cryptique imaginé par le production designer Milo (Oblivion, The Primevals, Lurking Fear, Doctor Mordrid).
Pour le reste, Jeff Burr (Massacre à la Tronçonneuse 3) emballe le tout soigneusement, orchestrant le jeu de massacre habituel durant lequel David Allen et ses équipes d’animateurs auront l’occasion d’apporter leur pierre à l’édifice en réalisant quelques effets sporadiques en stop-motion. Le plus gros des séquences sera néanmoins réalisé à l’aide de marionnettes à tiges mécaniques permettant un gain important de temps et d’argent. Les poupées reviendront pour un second round contre Sutekh et sa horde de goules démoniaques avec Puppet Master 5.



