[Critique] – Trancers 6


Trancers 6 affiche film

Réalisateur : Jay Woelfel

Année de Sortie : 2002

Origine : États-Unis

Genre : Flic du Futur

Durée : 1h28

Le Roy du Bis : 3/10


Transfeminize


Les années 2000 marquent des temps plus difficiles pour Charles Band. L’âge d’or de Full Moon Features est passé, et le studio doit se réinventer s’il souhaite lutter contre une concurrence de plus en plus féroce sur le marché DVD. Dans cette quête d’un nouveau filon, Band multiplie les partenariats, les labels, et les nouvelles sagas. Le clown tueur de Killjoy et la sorcière de Witchouse n’ont pas réussi à trouver leur public. Il choisit donc de ressusciter l’une de ses franchises les plus iconiques avec Trancers 6. Aux commandes, Jay Woelfel, artisan du DTV cumulant les casquettes de monteur, compositeur et réalisateur.

Faute de pouvoir convaincre Tim Thomerson de rempiler une dernière fois devant la caméra, le producteur utilisera des stock-shots du premier opus, simulant un dialogue sur un moniteur avant d’utiliser une doublure que l’on ne verra jamais de près. L’acteur, pas rancunier, acceptera néanmoins que son image serve de passerelle narrative afin d’introduire la nouvelle protagoniste. Car Trancers 6 tente un retour aux sources en reprenant le concept du premier film : le transfert de conscience dans le corps d’un ancêtre, une idée que popularisera plus tard la saga vidéoludique Assassin’s Creed. Cette fois, Jack Deth est envoyé dans le passé pour protéger sa propre fille, issue de son union avec Leena (Helen Hunt), menacée par des trancers.

Trancers 6 critique film

Le souffle romanesque des précédents épisodes se réduit ici à des affrontements entre marginaux et junkies dans des parkings ou des terrains vagues afin de décider du sort de l’humanité. Le potentiel comique, pourtant évident d’un flic quinquagénaire coincé dans le corps d’une minette de vingt ans aux tendances gays reste désespérément sous-exploité. Jay Woelfel ne parvient jamais à trouver le bon ton, ou le bon gag faute de ressort comique et d’une absence totale de rythme. L’interprétation de Zette Sullivan, fade et sans relief, n’aide d’ailleurs pas vraiment. 

On notera bien quelques tentatives pour réveiller le spectateur, notamment un petit supplément gore inédit dans la saga, avec démembrement et décapitation à la clé, mais cela reste assez anecdotique. Les scènes d’action, elles, sont toujours aussi amorphes. L’intrigue, minimaliste, voit donc Joséphine ; alias Joe ; affronter une poignée de trancers cherchant à constituer une armée à coups de rayon optique. Un programme déjà peu engageant sur le papier, et qui confine au risible face à cette galerie de clodos lobotomisés.

L’intrigue fait assez peu de fantaisie, Joe n’étant jamais mise en danger malgré sa faible constitution. L’héroïne peut ainsi compter sur sa montre digitale lui permettant de figer le temps et de se sortir des situations épineuses. Finalement Jack va s’habituer au rouge à lèvres et aux bas résilles, choisissant de rester dans le corps de sa fille pour continuer la lutte, même si cela implique de devoir assurer sa propre descendance en couchant avec un homme… Une incohérence narrative troublante qui achève de plonger le film dans une zone de malaise involontaire et burlesque, qui tiendra Tim Thomerson définitivement écarté d’une franchise à l’état de mort clinique. 

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