[Critique] – Dangerous Worry Dolls


Dangerous Worry Dolls affiche film

Réalisateur : Charles Band

Année de Sortie : 2008

Origine : États-Unis

Genre : Women in Prison

Durée : 1h15

Le Roy du Bis : 6/10


La Ligne Grise


Tourné dans l’enceinte décrépite du Linda Vista Hospital à Los Angeles, le film suit Eva, une mère esseulée incarcérée dans un pénitencier pour femmes où tous les archétypes du genre sont convoqués : une directrice tyrannique, un gardien lubrique, et un gang de garces sadiques. Humiliée, brutalisée, violée, Eva s’accroche aux petites poupées «anti-souci » offertes par sa fille. La prisonnière va peu à peu tomber sous leur emprise et se transformer progressivement en monstre homicidaire. 

Paradoxalement, c’est dans ce cadre grisâtre et monotone que Charles Band parvient à retrouver un peu de couleurs au cours d’une année 2008 plutôt terne pour la Full Moon. Si le cinéaste fait preuve d’une certaine pudibonderie à l’égard de l’anatomie féminine, le film n’occulte rien des abus systémiques et dérives institutionnelles animant le milieu carcéral : violence, drogue, corruption, torture, et abus sexuels.

Dangerous Worry Dolls critique film

Dans cette prison où l’on aurait troqué les cellules privatives pour un immense dortoir, les différents protagonistes se divisent en deux camps : victimes ou bourreaux. Jessica Morris endosse ainsi le rôle d’une souffre-douleur se laissant consumer par la haine et le désespoir avant de reprendre le contrôle sur ses tortionnaires à l’aide de la magie noire. Car Band ne pouvait pas se contenter d’offrir une simple variation au WIP (Women in Prison) sans doper son intrigue de poupées tueuses, prétexte à un sympathique rape and revenge derrière les barreaux. 

Sans atteindre la radicalité de certaines œuvres d’exploitation extrêmes, Dangerous Worry Dolls parvient à esquisser un microcosme crédible et suffisamment chargé en tensions pour s’intéresser au devenir de cette prisonnière ivre de sang et de colère, et de ses petites poupées lui sortant littéralement du crâne. Ces créatures, conçues par Christopher Bergschneider (The Killer Eye, Doll Graveyard) et animées à l’aide de tiges effacées numériquement, agissent comme des parasites psychiques catalysant les pulsions et frustrations refoulées de leur hôte. 

Bien que le film reste assez soft en matière d’effets gores, Charles Band nous gratifie néanmoins de quelques débordements et excès bien sentis (une main affreusement mutilée, une matraque enfoncée dans la gorge) ainsi que d’une scène barge et surréaliste : une vengeance guidée contre une gardienne travestie affublée d’un godemichet, filmant ses ébats avant de les balancer sur internet. Ou quand l’expression «finir au trou» permet d’accoucher d’une séquence sortant de l’ornière du studio, pour intégrer les annales du mauvais goût. 

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