[Critique] – Fausses Blondes Infiltrées


Fausses Blondes Infiltrées affiche film

Réalisateur : Keenen Ivory Wayans

Année de Sortie : 2004

Origine : États-Unis

Genre : Comédie Siliconée

Durée : 1h44

Thibaud Savignol : 5/10


Vraies Couilles Portées


Peu représenté, ce type de long-métrage a pourtant accouché d’œuvres cultes : le gay-friendly Certains l’aiment chaud, le cocasse Tootsie ou le moins connu Mettons les voiles, où deux mafieux se travestissent en nonnes afin d’échapper à la police. Un genre codifié, comique au départ, qui se joue des codes virilistes ; devenir une femme étant pour certains le pire outrage fait à la masculinité. Des films qui s’amusent du quiproquo initial pour porter un regard plus critique sur les notions de sexe fort ou de trans-identité.

F.B.I reprend cette structure basique. Les deux agents Copeland, frères à la ville, sont chargés de surveiller les sœurs Wilson durant un week-end de jet-setteurs, en vue de déjouer une tentative d’enlèvement. Malheureusement légèrement blessées au visages, les sœurs refusent de s’y rendre. Naît alors l’idée de se grimer en sœurs Wilson et de filer aux Hamptons eux-mêmes.

Fausses Blondes Infiltrées Critique Film Wayans

Évidemment, la grande majorité des gags reposent sur le fait que des hommes ressemblent et doivent se comporter comme des femmes. Tout d’abord physiquement, les mensurations n’étant pas tout à fait les mêmes, on s’amuse de situations incongrues lors d’une séance de shopping où tout est trop, beaucoup trop serré, ou lors d’épreuves de force qui en laissent plus d’un au tapis. De même, il est de bon ton de sourire, de faire une pyjama party, de parler peine de cœur ou de s’époumoner sur le Thousand Miles de Vanessa Carlton.

S’il manque au récit son lot de vannes en-dessous de la ceinture et d’un duel sans fard des deux sexes, aussi physique que symbolique, la confrontation des couleurs offre quelques séquences savoureuses. L’ultra massif Terry Crews détonne en sportif Noir pervers, avide de femmes blanches à fourrer dans son lit. Il jette alors son dévolu sur l’une des sœurs Wilson, la draguant à tout bout de champ. Transparaît ainsi le fantasme pour la femme blanche, blonde aux yeux bleus, ainsi qu’un comportement au-delà des limites ; il la harcèle constamment, l’achète aux enchères pour sortir avec, et va jusqu’à tenter de la droguer en boîte de nuit.

Par instants le film affiche quelques problèmes d’une virilité mal placée, mais reste au final plutôt sage, et se veut avant tout un trip comique bas de plafond, jouant des clichés pour façonner ses gags. Mettez au placard votre suspension d’incrédulité (comment tomber dans le panneau de ces fausses tronches siliconées ?), essayez de ne pas vous offusquer, et peut-être que vous passerez un bon moment. Ou pas.

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