
Réalisateur : Steven Kostanski
Année de Sortie : 2018
Origine : États-Unis
Genre : Créature Mécontente
Durée : 1h26
Thibaud Savignol : 6/10
L’Or Maudit
Cantonnée aux sorties VHS et au câble dès son troisième épisode, puis au DVD début années 2000, la saga Leprechaun fait partie de ces «contrefaçons» horrifiques de seconde zone. Si Critters s’amusait à singer les Gremlins façon cheapos et débile (le 2 restant son sommet), la saga concernée ici fait plutôt office de doublon à la poupée Chucky. Un antagoniste pas plus haut que trois pommes, sadique à souhait, grossier et qui partage le même goût pour le meurtre sanguinolent. Sauf qu’au lieu de provenir de la grande surface du coin, il est une créature mythologique issue du folklore irlandais. Farceur et facétieux à l’origine, la saga filmique l’a lééégèrement perverti, pour notre plus grand plaisir.
Cédant à cette mode initiée par le Halloween de David Gordon Green en 2018, Syfy lance à son tour son propre requel (contraction de reboot et sequel) la même année. Quatre ans se sont écoulés depuis le dernier épisode, qui avait tenté de relancer la licence façon «origin story», sans grand succès. Mais forcément, quand on fait appel à un jeune réalisateur un peu plus talentueux, on multiplie ses chances de réussite. Pas encore auréolé de son statut actuel, Steven Kostanski venait de se faire remarquer suite à sa participation aux ABC’s of Death 2 et surtout grâce au très lovecraftien The Void.
On fait donc table rase des six épisodes précédents pour inscrire Leprechauns Returns comme suite directe à l’opus original de 1993. Lila Reding, fille de Tory Redding jadis interprétée par Jennifer Aniston, se rend à Devil’s Lake pour intégrer une sororité à l’université. Alors que les filles tentent de bonifier leur lieu de vie, la créature maléfique est, par un joli tour de passe-passe, de retour pour traquer son or et occire ceux qui se dresseront en travers de son chemin.

Ce n’est certainement pas l’originalité du scénario qui brille dans ce nouveau volet. En tout juste 85 minutes au compteur, le long-métrage est avant tout là pour faire plaisir aux inconditionnels de la saga et du slasher. Mise à part notre protagoniste principale, les autres personnages sont sommairement introduits. On retrouve ainsi la fêtarde, l’écolo casse-couille, la folle du cul, un beau gosse à deux neurones et un apprenti cinéaste aussi insupportable que les rédacteurs de l’Écran Barge, à ne parler qu’en références cinéphiles. Sachant qu’on devine de plus un budget serré, du genre à n’acheter que du café Éco+ pendant le tournage, la réussite du projet devenait précaire.
Heureusement que Kostanski, le geek de service, va assurer là où l’attend vraiment, insufflant pour la première fois à la série un vrai esprit gore et sale gosse. Le ton est donné dès la renaissance du Leprechaun en question, qui sort littéralement des entrailles d’Ozzie Jones, un caméo du premier film. Un bide explosé, un visage belliqueux qui apparaît et la punchline qui va bien. Comme le prouva par la suite la filmo de Kostanski, le garçon ne s’est jamais remis des années 80. Ses dernières réalisations en sont la preuve irréfutable, entre la très chouette comédie de marionnettes Frankie Freako et l’heroic fantasy de Deathstalker.
Facile dans sa narration et certains de ses effets, Leprechaun Returns ne s’embarrasse d’aucune futilité et met le paquet sur les gore. On s’amusera également des nombreuses références dissimilées ici et là, entre un clin d’œil à Apocalypse Now, le découpage à la verticale d’une victime façon 13 fantômes, et un hommage à la scène du moulin d’Evil Dead 3, où une bande de minis Leprechauns sèment la pagaille. Rien de très neuf sous le soleil, mais une série B honnête qui peut compter sur ses débordements régressifs à souhait, le tout via des effets pratiques à l’ancienne. Que demande le peuple ?



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