[Critique] – Atomic College


Atomic College affiche film

Réalisateur : Richard W. Haines & Lloyd Kaufman

Année de Sortie : 1986

Origine : États-Unis

Genre : Catastrophe Nucléaire

Durée : 1H25

Le Roy du Bis : 7/10
Thibaud Savignol : 6/10


Tout est sous Contrôle


La Catastrophe de Tromaville

La Troma peut bien se targuer de ne jamais rien faire comme les autres, parfois, certaines productions ressemblent à des antisèches copiés dans le manuel de la série B. Atomic College s’inscrit clairement dans cette logique opportuniste, en tant que variation radioactive et déviante de Class of 1984, où les élèves imposent leur loi à une institution dépassée. Mais le film s’émancipe rapidement de cette filiation pour plonger dans un chaos adolescent où se mêlent amourettes de lycées, rivalités de couloirs, concours de virilité et luttes de popularité. Soit tout l’arsenal de la teen comedy yankee, perverti jusqu’à la moelle par un esprit hara-kiri.

Si l’année 1986 fut marquée par la catastrophe de Tchernobyl, Tromaville ne fut pas moins victime elle aussi d’un incident nucléaire majeur. Fort heureusement, si les nuages atomiques se sont arrêtés à la frontière franco-allemande, les autorités compétentes de la ville nous assurent que tout est sous contrôle, et qu’aucune fuite radioactive n’est à déplorer.

Atomic College critique film

Vraiment ? Bâti juste à côté du lycée, la centrale de Tromaville souffre d’un état d’altération que n’avait pas anticipé son obèse de patron, dont les saintes déclarations tendent à rassurer la population au mépris de la santé de ses habitants et de tout bon sens. Les ados se mettent alors à muter sous l’effet des radiations, tandis qu’une bande de punks bigarrés tentent de renverser l’institution, et alors qu’un têtard se met à croître ardemment, laissant derrière lui un sillage de destruction atomique et gluant. 

Les Hormones en ébullition

Comme à son habitude, Kaufman ne se contente pas d’un simple prétexte écologique. La catastrophe nucléaire devient le vecteur d’un pamphlet rageur contre l’administration reaganienne, l’aveuglement des élites, les dérives de la société de consommation et l’hypocrisie institutionnelle. Le film aborde également sous une forme grotesque et outrancière le harcèlement scolaire, les failles d’un système éducatif moribond et l’émergence d’une jeunesse violente fascinée par les armes à feu. Derrière la farce potache, cette vision s’avère même étrangement prophétique lorsque l’on songe, dix ans plus tard, au traumatisme de Columbine.

Bien entendu, Atomic College demeure avant tout une comédie grasse, gore et potache sur l’âge bête, celui où les hormones gouvernent le cerveau et où les garçons pensent davantage avec ce qu’ils ont dans le caleçon. Le film partage certains défauts récurrents des productions Troma, jamais avare en cabotinage excessif, et une narration qui part joyeusement en cacahuète dans ses velléités anarchiques. Mais il retrouve aussi ce fétichisme du slapstick hérité de Chaplin, ce mélange des genres et cette veine satirique qui font toute la singularité du studio.

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