[Critique] – Massacre au Camp d’été 2


Massacre au camp d'été 2 affiche film

Réalisateur : Michael A. Simpson

Année de Sortie : 1988

Origine : États-Unis

Genre : Slasher Total

Durée : 1h20

Thibaud Savignol : 6,5/10


Goodnight Campers


Baroud d’honneur

Le co-producteur du premier opus, Jerry Silva, soumet à Double Helix Films l’idée d’une suite. C’est Michael Hitchcock, sous le pseudonyme de Fritz Gordon, qui se colle au scénario. Non pas pour un, mais pour deux épisodes supplémentaires en même temps. Une fois les scripts rédigés, c’est au réalisateur Michael A. Simpson qu’on confie la réalisation des deux long-métrages. Ils seront tournés l’un à la suite de l’autre pour réduire les coûts au maximum, via une enveloppe totale d’un million de dollars, Un pari peu risqué, quelques millions au box-office puis en sortie vidéo permettant de rapidement rentrer dans leurs frais.

Contrairement à la grande majorité (totalité ?) des slashers, l’identité de la meurtrière est connu d’office. Angela est de retour au camp Rolling Hills, cette fois-ci dans la peau d’une monitrice. La classique scène d’introduction autour d’un feu de camp nous narre ses exploits du film précédent. La jeune femme est désormais une légende urbaine au même titre que Cropsey. Sauf que traumatisée par une éducation perverse et puritaine, elle va s’en prendre à quiconque sortira du droit chemin.

Exsangue après une décennie à exploiter le même filon, le slasher entame sa dernière mue. Comme tout genre, après une vague de longs-métrages sérieux, la comédie prend le relais afin de moquer ses propres codes, puis dans un dernier geste funeste se pare d’oripeaux méta. Sur ce point, une séquence met en scène des kids se grimant en Freddy Krueger, Jason Voorhees et Leatherface. Si Scream représente le sommet du slasher meta, mixant habillement premier et second degré, le geste référentiel existait déjà. Vendredi 13 : part VIII le confirmera l’année suivante avec un Jason échappant à sa boucle topographique de Crystal Lake, pour mieux débarquer à New-York.

Massacre au camp d'été 2 Critique Film

Surtout, fini les longues mises en place, les peintures de jeunes sympathiques et d’amourettes naissantes. Simpson emballe le tout en 80 minutes chrono, générique compris. Pas de temps à perdre, la formule est poussée dans ses retranchements, course au bodycount de jeunes libidineux oblige. Le scénario est un prétexte pour qu’Angela puisse dessouder l’entièreté du camp de vacances. Les personnages n’existent pas, se résumant à un trait de caractère plus ou moins flatteur : sportif, chaudasse, vierge effarouchée, side-kick rigolo, pré-ados obsédés. L’objectif est clair, du sang et et du sexe, rien de plus.

Rampage

Un virage radical par rapport à l’original, plus sobre et pervers, mais non moins pertinent. Plutôt que de reproduire la même trame comme bon nombre de sagas, cette appétence pour le fun et la série B décomplexée fonctionne à merveille. Angela constitue un antagoniste qui mériterait un culte plus important, oscillant entre gentillesse naïve et accès de sauvagerie dantesques. Interprétée par une Pamela Springsteen habitée (oui, oui, la sœur cadette du chanteur), elle conduit une croisière puritaine des plus jouissives, cumulant pas moins de 18 victimes au total.

Et pour y parvenir, tous les moyens sont bons : grillade humaine, perceuse, noyade dans une fosse sceptique, tronçonneuse… On retiendra cependant l’une des pires séquences d’étranglement sur grand écran, emballée en 10 secondes, sans aucune intensité apparente. On ne peut pas réussir à tous les coups. Pour le reste, même si un peu timoré sur le gore, le climax vient enfoncer le clou avec son musée de cadavres plus esquintés les uns que les autres. Si l’on rajoute la nudité gratuite affolante de l’œuvre, avec ses paires de nichons en veux-tu en voilà, on est pas loin de tenir l’un des slashers les plus généreux et réjouissants de son époque.

Alors oui, il ne faut pas être trop regardant sur un script perclus d’incohérences. Angela justifie chaque meurtre par «je l’ai renvoyé chez lui» et le directeur ne s’en inquiétera vraiment qu’au bout de la dixième disparition. Et une séquence de cauchemar inutile, sorte de best-of des mises à mort que l’on vient de voir, parasite l’intrigue. Un passage obligé pour réussir à atteindre les 1h20 demandées.

Mais l’intérêt est ailleurs. Évoquant in-extremis la raison d’être de la saga au détour d’un dialogue (l’imposition de genre par la force et les troubles qui peuvent en découler), Massacre au Camp d’été 2 constitue l’anti-thèse parfaite à son prédécesseur. Moins torturé mais beaucoup plus direct, de l’exploitation pure et dure typique de son époque.

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