[Critique] – Resident Evil : Apocalypse


Reisdent Evil apocalypse affiche film

Réalisateur : Alexander Witt

Année de Sortie : 2004

Origine : États-Unis / France / Royaume-Uni / Canada / Allemagne

Genre : Adaptation ratée

Durée : 1h38

Thibaud Savignol : 4/10


Escape from Raccon City


Fin des années 90, la saga Resident Evil atteint son premier pic de renommée. Après avoir terrorisé les joueurs en 1996 avec le premier volet, les trois opus suivants (RE 2 et 3 puis Veronica) confirment l’aura d’une saga désormais porte-étendard du survival-horror en 32 bits. Forcément, une telle poule aux œufs d’or attire les convoitises. Hollywood s’empare de ce succès pour le passer à la moulinette à dollars. Libre adaptation, le premier volet signé Paul W.S Anderson rafle la mise, aussi bien en salles qu’en sortie DVD. Ni une ni deux, une suite est mise en chantier, nommée Apocalypse.

T’as la ref ?

Le premier film n’avait au final pas grand chose à voir avec les jeux. Mis à part les noms et le principe d’un huit clos comme le célèbre manoir original, le récit s’orientait plus vers un trip action-SF loin de l’horreur série B des débuts. Cette fois-ci à contre-pied, Resident Evil : Apocalypse cherche à adapter les deuxième et troisième opus vidéoludiques. Fini les dédales labyrinthiques sous-terrain, place à une ville à feu et à sang, à un chaos épidémique plus fidèle aux œuvres de Capcom. Du moins pour un temps.

Le virus T s’est désormais répandu dans Raccoon City. La métropole est emmurée comme une prison géante à ciel ouvert, façon New-York 1997. Alice est de retour pour affronter la corporation Umbrella, tandis que Jill Valentine et Carlos Oliveira cherchent à survivre au milieu de ce bordel. Un récit au départ simple, efficace, quasi choral, où chacun a son propre objectif à remplir (sauver une gamine, récupérer l’antidote etc… ). Parfait pour rendre hommage au survial en pixels, avec ses hordes de zombies citadins et sa course pour la survie.

À ce titre, la première partie du film remplit son contrat sans rechigner. C’est assez débile et bas du front, mais on a le droit à une série B testostéronée comme il faut, bien aidée par ses 55 millions de dollars de budgets. L’action prend de l’ampleur, ça mitraille en pagaille, ça explose de toute part et ça court dans tous les sens. Entre les zombies traditionnels, la séquence des leakers dans l’église et l’apparition du Némesis, le bestiaire répond au complet. Même si malheureusement, l’ensemble reste très timide sur le gore.

Resident Evil Apocalypse Critique Film

Attrape-couillons

C’est plutôt divertissant pour qui ne serait pas totalement allergique à un montage très années 2000, épileptique au possible. Si l’effet chaotique est cohérent avec le propos, sa répétition dessert in fine le visionnage. La progression se cale ainsi sur deux rythmiques opposées ; celle mollassonne des dialogues en bête champ/contre-champ face à celle bordélique pour les affrontements. Cette dernière sonne ainsi rapidement artificielle, comme pour se rassurer quant à la spectacularité de l’action filmée.

En se penchant sur le réalisateur, Alexander Wiit, on comprend d’où proviennent ces défaillance. Brillant réalisateur de seconde équipe (Speed et La Chute du faucon noir, puis American Gangster et Skyfall), il est avant tout un technicien sans vision. Sûrement redoutable pour orchestrer et mettre en boîte les séquences clés du métrage, il est incapable d’assembler le tout sous la forme d’un long-métrage cohérent et lisible. On sent la couverture à 36 caméras pour chaque séquence sur-découpée, et la difficulté à tenir son récit.

D’ailleurs, passée cette première partie sympathique, ne reste qu’un spectacle bis débilos, où méchants en costards et gros bras s’affrontent à qui a la plus grosse. Le pot aux roses est alors enfin dévoilé. Derrière l’adaptation ne se cache qu’un énième blockbuster ringard et dépourvu d’âme. Retirez Umbrella, le virus T, les lieux iconiques et les noms des protagonistes, reste seulement un script générique, vu et revu, digne du milieu de panier de la PM Entertainement.

Resident Evil : Apocalypse ne tire son nom que d’une partouze de cosplayeurs venus chier sur les fans. Mais une partouze avec les gros biceps de Carlos et une Jill immédiatement consacrée comme le personnage le plus sexy de la franchise, ça ne se refuse pas forcément.

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