
Réalisateur : Joe Begos
Année de Sortie : 2022
Origine : États-Unis
Genre : Père Noël Robot Tueur
Durée : 1h21
Le Roy du Bis : 7/10
Thibaud Savignol : 7/10
Hasta la vista, Santa !
Refusé par les producteurs car trop éloigné de l’idée original, Christmas Bloody Christmas se rêvait d’abord comme un remake du un peu culte Silent Night, Deadly Night. Loin d’être échaudé par cette déconvenue, Joe Begos profite du confinement pandémique pour développer son script autour d’un Père Noël tueur façon Robocop, vue subjective en prime. Nouveau visage montant de l’horreur indé made in US, il est peu dire que les fêtes de fin d’année et leurs décorations colorées constituent le terrain jeu de parfait pour son style visuel proche de l’overdose fluorescente.
Le plan séquence d’ouverture nous plonge immédiatement dans le quotidien marginal de Tori et Robbie, deux amis qui préfèrent passer le soir du réveillon à traîner dans les rues, picoler un coup au bar avant de le tirer, cette fois-ci à la maison. Mais derrière ce mode de vie punk, archétypes fétiches du réalisateur (Bliss, Jimmy and Stiggs et ses artistes asociaux), une traînée de sang se dessine. La faute à un Père Noël robotique dysfonctionnel, qui une fois libéré de sa condition de mannequin d’exposition, va se faire un plaisir de décimer quiconque se dressera entre lui et Tori. Présenté comme la nouvelle technologie dernier cri lors d’un spot rappelant forcément Starship Troopers et sa verve ironique, son déraillement ne sera jamais vraiment explicité.
Si la première partie a la fâcheuse tendance à s’étirer plus que de raison lors de digressions verbeuses plus ou moins pertinentes (n’est pas Tarantino qui veut), entre citations métas, questions existentielles et délires d’ivrognes, une fois les hostilités lancées plus rien ne viendra entraver la marche en avant du long-métrage. Joe Begos mélange les genres avec délectation, passant du slasher basique au home invasion brutal, faisant un détour par le film de siège façon Assaut, avant de conclure à la Terminator avec sa chasse à l’homme interminable.

Dès lors, on retrouve toute l’énergie et la hargne propre au cinéaste, à travers une mise en scène heurtée faite de caméra épaule, de décadagres et dotée d’un grain 16 mm des plus organiques. Chaque plan est un travail d’orfèvre côté éclairages, et Noël devient le cadre idéal pour ses images ultra-colorées.
Les guirlandes n’ont jamais été aussi menaçantes, le tout baignant dans une colorimétrie fluorescente renforçant les accès de folie du long-métrage. Comme si la surenchère d’une tuerie barbare n’en était que décuplée par une patine en permanence saturée. Des maisons peinturlurées aux ruelles surchargées, en passant par la boutique de cd’s sans demi-mesure et un commissariat rhabillé pour l’occasion, tout n’est que surcharge visuelle. Les amateurs seront aux anges, les fans de naturalisme risquent la crise d’apoplexie.
Au-delà de son boogeyman référencé, Cameron est également cité lors du dernier acte via un enchaînement de climax, renvoyant aux grandes heures d’Aliens ou Terminator 2. L’affrontement entre l’entité maléfique et la final girl n’en finit plus, et les péripéties s’étirent jusqu’à plus soif. Chaque recoin de décor est exploité au maximum, chaque effet spécial poussé dans ses retranchements (la décomposition sans fin du Père Noël robotique), maximisant ainsi un budget que l’on devine assez serré.
Pour couronner le tout, et on en attendait pas moins, le gore est au rendez-vous. Adorateur inconditionnel des effets à l’ancienne, Begos livre un petit festival d’atrocités, de corps méchamment mutilés, sans épargner nos petites têtes blondes, à notre plus grand plaisir. À ce titre, on retiendra l’incroyable montage parallèle entre une partie de jambes en l’air et l’impitoyable assassinat d’une famille voisine. En somme, le visionnage parfait pour égayer vos repas de fin d’année.



